Cette baisse de niveau n'est qu'un symptôme. Le système lui-même est fragilisé. Selon les chefs d'établissement interrogés par PISA, 67% des élèves étaient scolarisés en 2022 dans un collège ou lycée où l'enseignement pâtissait d'un manque d'enseignants. Ils n'étaient que 17% dans ce cas en 2018. Dans le même temps, 30% des élèves fréquentaient un établissement dont la direction jugeait le corps enseignant inadapté ou insuffisamment qualifié. Précision importante : ce chiffre ne signifie pas que 30% des professeurs sont non qualifiés, il reflète la perception des directions sur leur propre établissement.

À ces difficultés s'ajoute une faille structurelle et ancienne : le poids déterminant de l'origine sociale. En mathématiques, l'écart de performance entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés atteint 113 points en France, contre 93 points en moyenne dans l'OCDE. Plus que dans la plupart des autres pays, l'école française peine à corriger les inégalités de départ.

La question enseignante devient alors centrale. Pénuries localisées, difficultés de recrutement, attractivité en berne et conditions de travail dégradées se conjuguent à l'érosion des acquis des élèves. L'OCDE note d'ailleurs que, dans de nombreux pays, les pénuries d'enseignants sont associées à de moins bons résultats scolaires, sans pour autant que cette corrélation établisse à elle seule un lien de cause à effet.

Le débat va donc bien au-delà du seul illettrisme. Ce qui est en jeu, c'est la capacité de l'école à recruter, à transmettre les savoirs, à réduire les inégalités et à maintenir un haut niveau d'exigence. Plutôt que de renvoyer la responsabilité aux seuls élèves ou aux seuls professeurs, les données de l'OCDE invitent à interroger le fonctionnement global du système éducatif.