L’autorité provinciale accuse l’élu d’avoir organisé des réunions clandestines et subversives à Butembo et aux alentours, sans en informer les autorités locales. Elle lui reproche aussi une intervention le 4 mai sur Radio Canal Lukongo, au cours de laquelle ses propos auraient porté atteinte à l’honneur de l’autorité provinciale et troublé l’ordre public.

Le document retient contre lui plusieurs chefs d’accusation : incitation à la révolte et à la désobéissance civile, participation à un mouvement insurrectionnel, incitation au meurtre, coups et blessures volontaires, association de malfaiteurs, diffamation, diffusion de fausses informations et usurpation de fonctions. Ces faits, survenus sous état de siège, relèveraient selon les autorités de la compétence des tribunaux militaires.

Le gouverneur indique avoir instruit les services de sécurité dès le 7 mai pour ouvrir une enquête et procéder à l’arrestation. Il dénonce la poursuite des prises de parole médiatiques du député et des tentatives de mobilisation d’autres élus et groupes de pression contre les institutions.

Cette initiative intervient alors que le Nord-Kivu reste marqué par l’insécurité liée aux groupes armés et des tensions politiques locales. Poursuivre un parlementaire national via l’exécutif militaire risque de raviver le débat sur l’équilibre des pouvoirs sous état de siège.

À ce stade, Crispin Mbindule n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations.