Homme d’État, militaire, juriste et universitaire, il laisse le souvenir d’un serviteur de la République. Son itinéraire épouse plusieurs décennies de l’histoire politique congolaise, entre institutions, armée et monde académique.

Le dernier chef du gouvernement de l’ex-Zaïre

Son nom restera attaché à un moment charnière : il a été le dernier Premier ministre de Mobutu. Nommé en avril 1997 à la tête d’un « Gouvernement de salut public », il a pris ses fonctions au cœur d’une crise politique et militaire. L’AFDL avançait alors vers Kinshasa et l’État vacillait.

Sa présence à la Primature n’aura duré que quelques semaines, dans les derniers instants de l’ex-Zaïre. Elle symbolise une ultime tentative de stabiliser un pays en pleine implosion, à la veille de la chute du régime, le 17 mai 1997.

Avant cela, il avait occupé plusieurs postes clés. Il fut ministre de la Défense, ministre des Affaires foncières, ministre du Portefeuille, et vice-Premier ministre à différents moments de sa carrière. Militaire de haut rang, il a atteint le grade de général d’armée. Il a aussi dirigé la Sûreté de l’État, au cœur du dispositif sécuritaire de la Deuxième République.

Un professeur et juriste qui a marqué l’UNIKIN

Juriste avant tout, il était docteur en droit formé en France, spécialiste de droit pénal militaire. Il a nourri la réflexion juridique dans des cercles académiques et internationaux. Professeur à l’Université de Kinshasa, il a formé des générations de juristes congolais. Son enseignement, reconnu pour sa rigueur et la densité de sa pensée, a marqué l’UNIKIN durablement.

C’est donc à la fin du régime de Mobutu que son parcours politique s’est le plus illustré. Chef du gouvernement lors des dernières semaines de l’ex-Zaïre, il a géré une période d’effondrement institutionnel et d’ascension de l’AFDL.

Hommage et souvenir d’une époque révolue

Après 1997, il s’est peu à peu retiré de la scène politique. Partagé entre l’Europe et la RDC, il est resté présent dans les débats sur l’histoire et les institutions du pays.

Son décès à Paris provoque de nombreuses réactions dans les milieux politiques et universitaires. On retient de lui l’expérience de l’homme d’État, l’exigence de l’intellectuel et le regard de celui qui a traversé une période décisive de l’histoire contemporaine congolaise.

Les modalités de rapatriement de sa dépouille et d’organisation des obsèques ne sont pas encore connues.

Avec Norbert Likulia Bolongo disparaît une mémoire vivante de la transition de 1997. Il laisse l’image d’un parcours construit autour du droit, de l’armée et du service de l’État.