La décision a été entérinée lors d’une séance de travail avec Étienne-Claude Mabunda, directeur commercial de Rawbank. La banque accompagnera le dispositif. Soutenu par le Royaume-Uni, ce fonds vise à sécuriser les crédits octroyés aux producteurs locaux et à lever les freins à leur financement.

Six chaînes de valeur sont prioritaires : cacao, café, riz, manioc, maïs et huile de palme. Le déploiement se fera dans six provinces pilotes : Nord-Kivu, Tshopo, Kongo Central, Maï-Ndombe, Kwilu et Équateur.
Julien Paluku a qualifié l’initiative de partenariat stratégique entre Londres et Kinshasa. Il a demandé des taux bonifiés et un volet dédié aux régions sortant de conflit, notamment Beni-Butembo, l’Ituri et la Tshopo, pour renforcer les capacités des producteurs et exportateurs.

Un comité mixte d’experts pilotera le suivi, en lien avec les ministères de l’Agriculture et du Développement rural. Objectif : fiabiliser le mécanisme et augmenter les volumes exportés vers le Royaume-Uni et d’autres marchés clés.

Face aux médias, Étienne-Claude Mabunda a confirmé la volonté de Rawbank d’aider la RDC à accéder à de nouveaux marchés. La Chine, les Émirats, le Royaume-Uni et les États-Unis sont visés, en tirant parti des avantages de l’AGOA.

Cap sur l’encadrement des importations de matelas

Le même jour, le ministre a rencontré Vishal Hemnani, directeur général de Complast, fabricant de matelas et de mousses présent en RDC depuis 1967.

La discussion a porté sur la défense de l’industrie locale contre le dumping et les produits importés. Installée à Lubumbashi, Complast dit fabriquer jusqu’à 5 000 matelas par jour, un volume supérieur aux besoins quotidiens estimés du Haut-Katanga, du Lualaba et du Tanganyika, évalués à moins de 4 000 unités.

L’entreprise demande donc une restriction temporaire des importations dans ces trois provinces pour préserver la compétitivité locale.

Un comité restreint doit fournir des données complémentaires au ministère. Toute mesure respectera les règles de l’OMC, précise le gouvernement.

L’exécutif défend cette démarche au nom de l’emploi local et de la lutte contre la fuite des capitaux. À travers ces deux actions, il cherche à combiner soutien aux exportations agricoles et protection du tissu industriel pour relancer l’économie.