À l’appui de sa critique, il a partagé le communiqué officiel des évêques ivoiriens. Dans ce texte, les prélats félicitent les Éléphants et saluent leur courage, leur détermination et leur esprit d’équipe. Ils réaffirment également aux joueurs le soutien et les prières de toute l’Église catholique de Côte d’Ivoire.

Selon l’abbé Kanda, la CENCO aurait dû adopter la même démarche vis-à-vis des Léopards. Il souligne une contradiction : si la conférence épiscopale congolaise prend régulièrement la parole pour dénoncer les crises du pays, elle est restée muette face à un exploit qui a pourtant suscité une immense fierté nationale.

Dans sa publication, il relève que sur la page de la CENCO, « on ne voit ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de féliciter les Léopards », une formule devenue récurrente dans les communications de l’institution.

L’abbé rappelle ensuite la mission de l’Église. Elle ne se limite pas à dénoncer le mal. Elle doit aussi reconnaître et encourager le bien, même lorsqu’il paraît modeste. Pour l’illustrer, il convoque le prophète Isaïe, l’Évangile selon saint Matthieu et la constitution pastorale _Gaudium et Spes_. Ce texte conciliaire enseigne que les joies et les espoirs des hommes sont aussi ceux des disciples du Christ.

À ses yeux, l’épopée des Léopards relève précisément de ces moments de joie collective auxquels l’Église devrait s’associer. Il déplore qu’en RDC, la souffrance monopolise si souvent l’espace public, au point que les rares victoires nationales ne reçoivent pas l’écho qu’elles méritent.

En conclusion, l’abbé Blaise Kanda assume pleinement son interpellation. Il se réfère à saint Paul qui, dans l’épître aux Galates, a repris publiquement saint Pierre au nom de la vérité de l’Évangile. Cette référence biblique justifie, selon lui, qu’un fidèle puisse exprimer, avec respect, une critique lorsqu’elle sert le bien de l’Église et de la société.