Depuis la prise de contrôle de la ville par les rebelles en janvier, la situation sécuritaire reste particulièrement volatile. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), maintenues à distance sur le terrain, recourent de plus en plus à des drones de frappe à longue portée pour cibler les centres de commandement et certaines positions stratégiques du M23.
Dans le même temps, les rebelles sont également accusés d’utiliser des drones kamikazes, une évolution qui accentue les risques pour les civils vivant dans les zones urbaines. “On a entendu le drone s’éloigner après la seconde explosion”, témoigne un habitant, décrivant une menace aérienne devenue quasi permanente.
Une population civile prise entre deux feux
La situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante dans cette ville qui accueille déjà des centaines de milliers de déplacés ayant fui les violences dans d’autres territoires du Nord-Kivu. Chaque frappe en zone résidentielle fragilise davantage un tissu urbain déjà éprouvé par des mois d’insécurité et de déplacements massifs.
Les organisations humanitaires présentes sur place alertent sur la difficulté d’intervenir efficacement dans une ville sous contrôle d’un groupe armé non étatique. L’accès aux soins, à l’assistance et aux mécanismes de protection reste limité, tandis que la population vit sous la menace permanente de nouvelles attaques aériennes.
Au-delà du théâtre urbain de Goma, le conflit s’inscrit également dans une lutte pour le contrôle de ressources stratégiques. Dans la région de Rubaya, réputée pour ses importantes réserves de coltan, plusieurs infrastructures liées à l’exploitation minière auraient déjà été ciblées lors de frappes précédentes.
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir les capacités financières du M23, accusé de tirer profit du commerce de minerais pour financer ses activités militaires.
Des efforts diplomatiques encore sans effet
Sur le plan politique, les tentatives de médiation peinent à produire des résultats concrets. Les initiatives régionales, notamment celles portées par Angola, n’ont jusqu’ici pas permis d’instaurer un cessez-le-feu durable.
Malgré certaines pressions internationales et des sanctions visant des acteurs accusés de soutenir la rébellion, la situation sur le terrain demeure marquée par une instabilité persistante.
Pour le gouvernement de la République démocratique du Congo, la reconquête et la stabilisation de Goma restent un enjeu stratégique majeur. Mais dans une ville marquée par l’occupation, les frappes aériennes et les tensions permanentes, la population civile continue d’attendre avant tout un retour durable à la sécurité.



















