Selon les dernières données communiquées par les autorités congolaises, la flambée actuelle a déjà fait 3 874 cas confirmés, dont 1 751 décès. L’OMS, qui avait alerté sur une accélération « à un rythme exceptionnel », appelle à une mobilisation urgente afin d’éviter une aggravation de la crise.
Au cours de son séjour en RDC, le patron de l’OMS doit rencontrer le président Félix Tshisekedi pour discuter des stratégies de réponse et des moyens nécessaires pour contenir la propagation du virus.

Cette visite intervient après un premier déplacement effectué fin mai en Ituri, province du nord-est du pays où l’épidémie est particulièrement active. Près de 90 % des cas y ont été recensés. La flambée actuelle est liée au variant Bundibugyo d’Ebola, une souche encore dépourvue de vaccin et de traitement officiellement approuvés.

« La propagation se poursuit à un rythme qui dépasse les capacités de réponse », a indiqué Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS, insistant sur la nécessité d’un appui financier accru pour renforcer les équipes médicales, les opérations de surveillance, les structures de prise en charge et les dispositifs d’inhumation sécurisée.

L’épidémie s’est déjà étendue à plusieurs provinces, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Elle touche des zones où les services de santé restent fragiles et où les conditions d’intervention sont rendues difficiles par les contraintes sécuritaires et logistiques.

La communauté scientifique accélère les recherches pour développer des outils de lutte contre cette souche d’Ebola. Le Canada a récemment donné son feu vert à des essais cliniques d’un vaccin développé par Moderna. D’autres candidats vaccins, dont le « rVSV Bundibugyo » soutenu par l’OMS et un vaccin développé par l’université d’Oxford, font également l’objet d’évaluations.

Des essais sont aussi menés sur plusieurs traitements expérimentaux, parmi lesquels les antiviraux remdesivir et obeldesivir ainsi qu’un anticorps monoclonal appelé MBP134.
Déclarée officiellement le 15 mai dernier, cette 17e épidémie d’Ebola représente un nouveau défi sanitaire pour la RDC, pays déjà durement touché par plusieurs vagues du virus. Entre 2018 et 2020, la précédente épidémie avait causé près de 2 300 décès, sur environ 3 500 cas enregistrés.