Cette rencontre vise à définir une stratégie commune pour contenir la propagation du virus, alors que l’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai 2026, suscite de vives inquiétudes dans plusieurs pays de la région.

Les États membres de l’EAC, en collaboration avec l’Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), travaillent à la mise en place de mécanismes de surveillance et de réponse renforcés. Parmi les mesures envisagées figure le déploiement de neuf laboratoires mobiles dans des zones stratégiques et aux principaux points d’entrée de la région.

Ces unités seront notamment installées à Beni, dans l’est de la RDC, ainsi qu’aux frontières du Kenya, du Soudan du Sud, du Burundi, de la Tanzanie, du Rwanda et de l’Ouganda, afin d’améliorer les capacités de dépistage et de surveillance épidémiologique.

Cette initiative bénéficie du soutien financier du gouvernement allemand à travers la banque de développement KfW, ainsi que de l’appui technique de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale. L’EAC entend renforcer les compétences des professionnels de santé grâce à son programme de formation TEACH, spécialisé dans la gestion des maladies infectieuses à haut risque.

Les efforts de préparation incluent également l’acquisition de 500 kits d’équipements de protection individuelle destinés à la RDC et à l’Ouganda, tandis que d’autres commandes sont prévues pour les pays membres restants. Toutefois, les autorités sanitaires rappellent qu’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible contre la souche virale à l’origine de cette flambée.

Malgré ce contexte préoccupant, des signes encourageants émergent sur le terrain. À Bunia, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, cinq patients ont récemment été déclarés guéris. Quatre d’entre eux ont quitté le centre de traitement le 31 mai, tandis qu’un cinquième avait déjà regagné son domicile. Le premier cas de guérison a été enregistré dans la zone de santé de Rwampara.

-L’Africa CDC plaide pour un leadership africain-

Dans une tribune publiée vendredi dans le Financial Times, le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a qualifié l’épidémie actuelle de “test majeur” pour l’institution panafricaine et pour l’Union africaine. Il estime que cette crise sanitaire met à l’épreuve la capacité du continent à coordonner une réponse efficace sous leadership africain.

Selon lui, les ministres de la Santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont déjà adopté un plan régional de riposte évalué à 319 millions de dollars. Jean Kaseya appelle désormais à étendre cette dynamique de coopération et de mobilisation à l’ensemble du continent afin de renforcer la sécurité sanitaire régionale et prévenir toute propagation transfrontalière du virus.

Alors que les autorités sanitaires intensifient leurs efforts, la réunion de l’EAC est attendue comme une étape décisive pour harmoniser les actions de prévention, de surveillance et de prise en charge dans une région particulièrement exposée aux risques épidémiques.