Réunis du 17 au 21 août, les représentants du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont procédé à une nouvelle évaluation de la mise en œuvre de l’Accord-cadre de Doha. Les discussions ont porté à la fois sur les avancées enregistrées et sur les difficultés qui continuent de ralentir l’application des engagements.

Premier élément concret : le Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+) dispose désormais de son secrétariat. Une mission de reconnaissance a également été menée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO. La première mission de vérification du cessez-le-feu est annoncée pour le 24 août à Minembwe.

Le dispositif prévoit également une procédure commune pour signaler les éventuelles violations du cessez-le-feu. Un mécanisme distinct devra, pour sa part, suivre l’application des engagements de l’Accord-cadre, évaluer les progrès réalisés et contribuer à traiter les difficultés rencontrées au cours du processus.

À ces mécanismes s’ajoute une nouvelle feuille de route. Elle précise les prochaines étapes ainsi que les échéances des négociations. Les deux parties ont néanmoins convenu que l’ordre de négociation des différents protocoles ne déterminerait pas nécessairement celui de leur mise en œuvre, laissant une marge de flexibilité dans l’application des engagements.

Cette évolution intervient alors que plusieurs cycles de discussions n’ont pas encore permis de rapprocher suffisamment les positions de Kinshasa et de l’AFC/M23 sur les principaux dossiers. La nouvelle architecture de suivi devra donc permettre de passer d’engagements négociés à des actions pouvant être vérifiées et évaluées.

La prochaine mission à Minembwe constituera à ce titre un premier test. Elle devra notamment permettre de vérifier le fonctionnement du mécanisme prévu pour documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu. Sa portée sera également observée à l’aune de la situation sécuritaire dans les zones concernées.

Kinshasa et l’AFC/M23 ont enfin réaffirmé leur volonté de poursuivre les négociations jusqu’à parvenir à un règlement global et durable du conflit dans l’Est de la RDC. Avec cette nouvelle séquence, le processus de Doha dispose désormais d’un calendrier et d’outils de suivi plus précis. Le principal enjeu reste toutefois leur traduction effective sur le terrain.