Rare sur le littoral de la République démocratique du Congo, la présence d'une baleine échouée est considérée, dans certaines traditions, comme un événement hors du commun. Lors de l'évacuation de la dépouille pour son inhumation, des autorités coutumières ont accompli des rites destinés à honorer un animal perçu comme sacré et porteur d'une profonde signification spirituelle.

Dans plusieurs cultures africaines, mais aussi chez de nombreux peuples vivant en bord de mer à travers le monde, la baleine est associée à la sagesse, à la mémoire des ancêtres et au lien entre le monde visible et l'invisible. Sa longévité exceptionnelle, ses migrations qui traversent les océans sur des milliers de kilomètres ainsi que ses chants capables de parcourir de très grandes distances ont nourri, au fil des siècles, un imaginaire qui en fait un symbole de transmission, de connaissance et de continuité entre les générations.

Animal d'une puissance impressionnante, la baleine incarne également la sérénité et l'équilibre. Malgré sa taille gigantesque, elle est souvent perçue comme une créature paisible. Dans plusieurs traditions, son apparition est interprétée comme un message invitant les communautés à renouer avec leurs valeurs, à préserver leur héritage culturel et à entretenir une relation respectueuse avec la nature.

C'est dans cet esprit que les cérémonies organisées à Moanda prennent tout leur sens. Pour les chefs coutumiers, il ne s'agissait pas simplement d'accompagner la disparition d'un mammifère marin, mais de rendre les honneurs à un être exceptionnel dont la présence est porteuse d'une forte charge symbolique dans les traditions ancestrales.