e procès du docteur David Balanganayi Kayembe, poursuivi pour violences présumées sur une patiente après un accouchement, s’est poursuivi ce lundi devant le Tribunal de grande instance de Kinkole, à Kinshasa. Une audience tendue, marquée par des échanges nourris, au cours de laquelle le praticien a tenté de justifier ses actes par un contexte d’urgence médicale.

Comparu pour la deuxième fois en procédure de flagrance, le prévenu est apparu menotté à l’ouverture de l’audience, avant que le tribunal n’ordonne le retrait des entraves. À la barre, visiblement ému, il n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés, mais a cherché à les contextualiser, évoquant une situation critique nécessitant une intervention immédiate. Selon ses déclarations, la patiente présentait une hémorragie post-partum associée à une déchirure périnéale, dans un environnement hospitalier limité en moyens, notamment en l’absence d’anesthésiste. Le médecin a expliqué avoir agi dans l’urgence pour préserver la vie de la patiente, tout en évoquant des difficultés liées à une non-coopération qui aurait compliqué la prise en charge.

Ces arguments ont été vigoureusement discutés par le ministère public et la partie civile, qui ont rappelé les principes fondamentaux de la pratique médicale, notamment le respect de la dignité du patient et l’exigence du consentement aux soins. Les images largement relayées sur les réseaux sociaux, à l’origine de l’émoi suscité par cette affaire, ont également été au cœur des débats.

Le tribunal a par ailleurs entendu deux responsables médicaux de l’établissement, appelés à éclairer la juridiction sur les protocoles à suivre en cas d’urgence. Ceux-ci ont insisté sur l’importance du dialogue, de l’accompagnement et de l’implication de l’entourage, tout en reconnaissant la complexité de certaines situations critiques. Au fil des échanges, la question du consentement est apparue centrale. La partie civile a mis en avant la vulnérabilité de la patiente au moment des faits, tandis que la défense a souligné les contraintes médicales ayant guidé les décisions du praticien.

Au-delà des faits, ce dossier met en lumière les défis structurels auxquels font face certains établissements de santé, ainsi que les conditions parfois difficiles d’exercice du personnel médical.
L’affaire a été renvoyée au 1er avril 2026. La suite des audiences devrait permettre d’entendre de nouveaux témoins et, si son état de santé le permet, la victime elle-même.