C'est dans ce contexte que le Service national a été déployé, le 15 juillet 2026, dans le cadre d'une opération d'assainissement dans le district de Tshangu. L'objectif annoncé était de contribuer à l'amélioration de la salubrité et à la restauration de l'image de cette partie de la ville.

Un mois après le lancement, notre constat sur le terrain révèle que les premiers résultats peinent à se maintenir. Dans plusieurs sites visités notamment: quartier 1,entrée kimbuta et bitaba dans la commune de Ndjili et masina,les immondices sont réapparues et les pratiques à l'origine de l'insalubrité persistent.

Pour comprendre cette situation, nous avons interrogé les habitants de ce coin de la capitale

Certains reconnaissent que les équipes du Service national continuent de passer régulièrement pour collecter les déchets abandonnés en journée. Ils regrettent toutefois que ces ordures soient parfois brûlées sur place, une pratique qui soulève des inquiétudes quant à ses effets sur la qualité de l'air et l'environnement.

D'autres estiment que la présence du Service national s'est progressivement estompée par rapport aux premières semaines. Selon eux, les dépôts sauvages ont repris dans les espaces publics et des vendeurs, un temps éloignés des chaussées, ont réinvesti les mêmes emprises.

Des riverains font également état d'interventions devenues plus ponctuelles sur certains sites. Ils jugent que les agents du Service national sont désormais davantage affectés à la régulation de la circulation et à la lutte contre les embouteillages qu'aux tâches d'assainissement.

Au-delà de ces constats, une interrogation demeure : un déploiement ponctuel d'équipes d'assainissement suffit-il à garantir une propreté durable à Kinshasa ?

Au-delà de l'action du Service national, la pérennité de l'assainissement exige une organisation permanente et un suivi de proximité. Une piste envisagée serait la mise en place, dans chaque commune, d'équipes fixes chargées du contrôle quotidien de la salubrité, afin d'éviter que les mêmes effectifs ne soient déplacés d'un quartier à l'autre au gré des opérations.

Mais l'action publique seule ne suffira pas. La durabilité de ces efforts passe aussi par la sensibilisation des habitants, le respect des règles d'hygiène, une gestion régulière des déchets et l'application effective des sanctions contre les dépôts sauvages.

Pour les autorités, l'enjeu n'est donc pas de multiplier les opérations coup de poing, mais de bâtir un système permanent, coordonné et contrôlé. Faute de cette continuité, les efforts engagés risquent de ne produire que des effets éphémères, sans permettre à Kinshasa de retrouver durablement un cadre de vie plus propre et plus sain.