Intervenant sur les antennes de la RTNC, le chef de l’exécutif provincial a présenté cette initiative comme une réponse structurelle à la dépendance vis-à-vis du secteur privé. L’objectif, selon lui, est d’assurer une offre publique capable de garantir la continuité du service, même en période de grève. “Nous voulons une alternative pour que l’État puisse offrir un transport de qualité en toute circonstance”, a-t-il déclaré.

Au-delà de la gestion de crise, cette relance s’inscrit dans une volonté de modernisation du parc automobile urbain. Les autorités entendent notamment retirer progressivement de la circulation les véhicules vétustes, communément appelés “esprits de mort”, jugés dangereux pour les usagers.

Dans le même temps, le Gouv s’est montré inflexible sur le respect des normes techniques. Daniel Bumba a appelé les conducteurs à mettre leurs véhicules en conformité, notamment en ce qui concerne les équipements essentiels tels que phares, rétroviseurs et essuie-glaces. “On ne peut aspirer à un grand pays avec des routes qui deviennent des mouroirs”, a-t-il insisté, précisant que ces mesures visent avant tout à préserver des vies humaines.

Sur le terrain, les conséquences de la grève restent lourdes. De Tshangu à la Gombe, des milliers de Kinois sont contraints de parcourir de longues distances à pied pour rejoindre leurs lieux de travail ou d’étude. La rareté des moyens de transport a entraîné une flambée des tarifs, certains trajets doublant de prix, tandis que les motos imposent des coûts encore plus élevés.

Du côté des transporteurs, la grogne persiste. Bien que l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO) affirme ne pas être à l’origine d’un mot d’ordre officiel, elle reconnaît le malaise profond au sein de ses membres. Son vice-président à Kinshasa, Baby Mbiye Albert, pointe notamment le manque de centres de délivrance de permis de conduire, ainsi que l’insécurité routière liée à la présence controversée de militaires dans la régulation du trafic.

Malgré ces tensions, le gouvernement provincial maintient sa ligne. Les opérations de contrôle se poursuivent, exigeant des conducteurs la détention des documents obligatoires, dont la vignette, l’assurance et le certificat de contrôle technique. Dans un contexte marqué par la multiplication des syndicats et la complexité du dialogue, les autorités misent sur la relance de la STK comme levier clé pour réorganiser durablement un secteur du transport en crise.

En attendant les premiers effets de cette réforme, les habitants de la capitale continuent de subir les conséquences d’un système à bout de souffle, entre pénurie de bus et flambée des prix.