Médecin de formation, professeur d’université et ancien recteur de l’Université de Lubumbashi, Jean-Baptiste Kakoma est une figure connue du monde académique congolais. Le scientifique a également exercé des fonctions universitaires au Rwanda, notamment en tant que doyen de l’École de santé publique de l’Université nationale du Rwanda, en partenariat avec plusieurs organisations internationales.

Son parcours professionnel est toutefois marqué par un passé politique qui alimente les débats. Jean-Baptiste Kakoma est notamment cité parmi les personnalités ayant évolué au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), mouvement politico-militaire actif durant la deuxième guerre du Congo, soutenu à l’époque par le Rwanda. Il a également été député entre 2003 et 2006. En 2013, son nom apparaît parmi les signataires d’une lettre ouverte intitulée “Pourquoi accuser le seul M23 ?”, dans laquelle des intellectuels proches de l’ancien environnement politique du RCD dénonçaient une lecture jugée sélective du conflit armé dans l’Est de la RDC, tout en mettant en avant la question des FDLR.

Plus récemment, en décembre 2025, lors de la présentation de son ouvrage à Goma alors sous contrôle de l’AFC/M23, le professeur Kakoma avait appelé à une refondation institutionnelle du pays devant des responsables du mouvement dirigé politiquement par Corneille Nangaa. Sa nomination à la tête de l’UNIGOM intervient donc dans un contexte politique sensible, et apparaît pour certains observateurs comme un signe de continuité avec certains réseaux issus des anciens mouvements armés notamment le RCD et le CNDP.

D’autres y voient avant tout la reconnaissance de son parcours académique et de son expertise universitaire. Cette décision continue de susciter des interprétations contrastées au sein de l’opinion publique et des milieux académiques congolais.