En visite à Libreville, au Gabon, il a annoncé dimanche 16 août qu’il s’adresserait prochainement aux Congolais pour préciser les orientations et les objectifs de cette initiative. Cette déclaration intervient alors que les échanges menés avec les confessions religieuses n’ont pas encore abouti à un cadre consensuel entre les principales forces politiques.

Félix Tshisekedi justifie sa démarche par l’impératif de cohésion nationale. Lors d’une rencontre avec la diaspora congolaise, il a affirmé que la RDC ne pouvait pas avancer « dans la division » et qu’il fallait au contraire rassembler pour poser les bases du développement.

Cette prise de position fait suite à son entretien du 17 juillet avec les responsables de la CENCO et de l’ECC. Les deux grandes Églises mènent depuis plusieurs semaines des consultations pour tenter de créer un espace de discussion entre acteurs politiques congolais.

Depuis cette rencontre, le calendrier et le contenu du processus restent au cœur des débats. La Coalition Article 64, qui rassemble plusieurs formations de l’opposition, avait accepté de surseoir à la mobilisation du 22 juillet afin de laisser une marge aux autorités et aux religieux. Elle avait fixé au 15 août la date d’évaluation des progrès.

À cette échéance, le pouvoir a posé quelques gestes : restitution de passeports à certains opposants et saisine du Parlement pour un nouvel examen du texte sur l’organisation d’un éventuel référendum.

Pour la Coalition Article 64, ces mesures restent insuffisantes. Elle estime que le renvoi du projet de loi aux députés n’équivaut pas à un retrait pur et simple, et ne lève donc pas la crainte d’une révision constitutionnelle.

Face à ce constat, la coalition annonce la reprise de ses actions. Une marche pacifique nationale est prévue le 15 septembre. À Kinshasa, le cortège doit converger vers le Palais du Peuple.

Du côté du pouvoir, on écarte toute pression liée à l’ultimatum de l’opposition. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé que le président tranche en fonction de l’intérêt supérieur du pays, et non sous la contrainte d’un calendrier politique.

Dans ce contexte, l’intervention à venir du président pourrait marquer un tournant. Il lui reviendra de clarifier la nature du dialogue, ses buts, le périmètre des participants et la manière dont il s’articulera avec les questions institutionnelles qui cristallisent les tensions actuelles.

Deux lignes se dégagent pour l’instant, à savoir : le pouvoir mise sur la cohésion nationale, l’opposition exige des garanties claires sur les intentions institutionnelles. La capacité à rapprocher ces deux positions décidera de l’issue de cette nouvelle séquence politique en RDC.