Lors de la cérémonie commémorative organisée lundi 1er juin à Kinshasa en mémoire des deux militants, le directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, a estimé que les conditions étaient désormais réunies pour permettre à la justice militaire de reprendre l’examen de ce dossier emblématique.

Selon lui, les défenseurs des droits humains en République démocratique du Congo et à travers le monde continuent d’attendre qu’un nouveau procès soit organisé afin que tous les auteurs présumés de ce double assassinat répondent de leurs actes devant la justice.

Rostin Manketa a notamment évoqué les récentes réformes intervenues au sein de la justice militaire, estimant qu’elles lèvent plusieurs obstacles qui avaient jusque-là freiné la tenue d’un nouveau procès. Il a également plaidé pour que certains suspects déjà détenus, dont le général Zelwa, surnommé “Djadjidja”, soient jugés afin que leur responsabilité éventuelle soit établie.

Le responsable de la VSV s’est appuyé sur l’ordonnance-loi du 31 janvier 2026 modifiant certaines dispositions du Code judiciaire militaire. Cette réforme permet notamment à des magistrats de grade inférieur de connaître des affaires impliquant des prévenus de grade supérieur appartenant à la même catégorie, une évolution que l’ONG considère comme déterminante dans ce dossier.

La VSV estime en outre que la réouverture du procès pourrait bénéficier de nouveaux éléments, notamment des informations détenues par le colonel Paul Mwilambwe, présenté comme un témoin clé de l’affaire. Pour l’organisation, la procédure pourrait être engagée avec ou sans la présence physique de John Numbi.


-La VSV salue les sanctions américaines contre Joseph Kabila-


Profitant de cette commémoration, la VSV a également salué les sanctions imposées par les États-Unis à l’ancien président Joseph Kabila. L’ONG lui reproche de s’être éloigné des acquis de l’alternance politique en apportant, selon elle, son soutien à l’AFC/M23, mouvement que Kinshasa accuse d’être appuyé par le Rwanda.

L’organisation estime que l’alternance politique de 2018 avait pourtant offert à l’ancien chef de l’État l’opportunité de consolider son image sur la scène nationale et internationale comme l’une des figures politiques majeures du continent.

-Un appel à reconnaître Floribert Chebeya comme héros national-

De son côté, Annie Chebeya, veuve de Floribert Chebeya, a lancé un appel au gouvernement congolais pour que son époux soit officiellement reconnu comme héros national.

S’exprimant à l’issue d’une messe d’action de grâce célébrée à la paroisse Notre-Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe, en présence du ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, elle a souligné l’engagement de son mari en faveur de la défense des droits des Congolais.

“Nous voulons que Floribert Chebeya soit reconnu comme héros national parce qu’il a consacré sa vie à la défense du peuple congolais”, a-t-elle déclaré.

Selon elle, le fondateur de la VSV a porté la voix des Congolais bien au-delà des frontières du pays et mérite, à ce titre, une reconnaissance officielle de la Nation pour son combat en faveur des droits humains.