Vendredi, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est rendu sur plusieurs chantiers où ces équipes, encadrées par le Service national, sont à l’œuvre. Selon la présidence, l’objectif de cette descente est de faire le point sur l’avancée des opérations lancées par la Task Force présidentielle, et surtout soutenir un projet pensé comme un véritable dispositif de réinsertion sociale.

Surnommés les « bâtisseurs », ces jeunes viennent en partie des milieux autrefois marqués par la délinquance urbaine. Après une formation au centre de Kaniama Kasese, ils ont été déployés sur des travaux d’utilité publique : entretien des voiries, évacuation des déchets et lutte contre l’insalubrité.

Sur place, le Chef de l’État a salué leur travail. « Je tiens à vous exprimer toute ma satisfaction et ma profonde reconnaissance pour le travail remarquable que vous accomplissez », a affirmé Félix Tshisekedi. Pour lui, leur engagement prouve leur sens du devoir et leur attachement à la Nation.

Le Président a aussi rappelé que ces jeunes demeurent sous la responsabilité de l’État. Il a promis la poursuite de l’accompagnement gouvernemental afin d’améliorer leurs conditions de vie et de sécuriser leur parcours de réinsertion.

De la stigmatisation à la seconde chance

Au-delà de la propreté, cette initiative soulève une question plus profonde : celle de la seconde chance. En misant sur l’encadrement et le travail productif plutôt que sur la seule répression, les autorités tentent une autre approche face à la marginalisation d’une partie de la jeunesse.

Le défi reste cependant de taille. Effacer une réputation forgée dans la violence urbaine pour lui substituer une identité professionnelle ne se fera pas en quelques semaines d’assainissement. Cela suppose un suivi durable, des débouchés économiques concrets et un accompagnement solide.

À Tshangu, balais et pelles deviennent ainsi le symbole d’une reconversion en marche. Pour les autorités, l’objectif est double : rendre Kinshasa plus propre et montrer qu’une jeunesse autrefois stigmatisée peut devenir une force utile à la collectivité.

Reste à voir si cette expérience tiendra dans la durée et s’imposera comme un modèle crédible de réinsertion urbaine.