Cette réaction fait suite à la suspension des activités académiques dans plusieurs institutions situées dans les zones sous occupation de l'AFC/M23, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Pour permettre aux étudiants de poursuivre leur cursus, les autorités congolaises ont décidé de les délocaliser vers des établissements implantés dans des zones épargnées par l'insécurité.

Des garanties pour ne pas perdre les acquis

Si elle salue cette décision, la RNEC estime que son efficacité repose sur les garanties qui seront accordées aux étudiants concernés. L'organisation estudiantine insiste sur la nécessité de permettre aux apprenants de Goma et de Bukavu d'intégrer leurs nouvelles universités sans perdre les acquis de leur parcours.

« Nous recommandons au Gouvernement de garantir l’admission des étudiants de Goma et Bukavu sans recommencement de leur parcours, avec la reconnaissance intégrale de leurs crédits, années validées, stages et autres acquis académiques », a-t-elle déclaré.

Pour la RNEC, la protection des étudiants ne saurait se limiter à un simple transfert vers des zones sécurisées. Elle plaide pour une conservation rigoureuse des dossiers académiques, des résultats et des crédits déjà obtenus, et pour l'implication des délégués des étudiants dans le mécanisme de suivi de la délocalisation.

L'organisation recommande également la création d'un guichet spécial ou d'une plateforme dédiée au sein du ministère de l'Enseignement supérieur, Universitaire, de la Recherche Scientifique et de l'Innovation (ESURSI). Cet outil permettrait à chaque étudiant concerné de connaître son établissement d'accueil, son niveau d'intégration, les équivalences retenues ainsi que les modalités de poursuite de son parcours.

La RNEC attire par ailleurs l'attention des autorités sur les contraintes matérielles liées à cette relocalisation, notamment les besoins en transport, en logement et en accompagnement social pour les étudiants contraints de quitter leurs villes d'origine.

Une attention particulière, selon elle, doit être accordée aux étudiants inscrits dans les filières à forte composante pratique, comme la médecine, les sciences de la santé, l'ingénierie et les autres domaines techniques.

« Parce que protéger un étudiant, ce n’est pas seulement l’éloigner d’une zone dangereuse : c’est lui garantir qu’il ne perdra ni son année, ni ses crédits, ni son diplôme, ni son avenir », a martelé la structure.

La paix, seule solution durable pour l'enseignement supérieur dans l'Est

Au-delà des enjeux académiques, la RNEC a exprimé sa vive inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l'Est du pays. Elle condamne les violences qui frappent les populations de Goma et de Bukavu et appelle au rétablissement de la paix, condition essentielle pour un retour à la normale des activités universitaires.

« La délocalisation peut protéger temporairement un étudiant, mais seule la paix permettra aux populations déplacées de retrouver leurs foyers, leurs universités et leurs terres », affirme-t-elle.

Cette déclaration intervient au lendemain d'une mise au point du Secrétaire général à l'Enseignement supérieur et universitaire, Pacifique Ilosyo Imonano. Le vendredi 28 août, ce dernier avait précisé que la suspension des activités dans les 11 établissements ne signifiait pas leur fermeture définitive, ajoutant qu'une reprise éventuelle dépendrait de l'évolution de la situation sécuritaire sur le terrain.

Selon lui, « une évolution vers la normalisation permettra d’évaluer l’opportunité d’une levée de ces mesures et d’envisager la reprise des activités académiques et para-académiques ».