Selon les dernières analyses de la Banque centrale du Congo (BCC), la monnaie nationale a enregistré une appréciation de 2,74 % à l’indicatif en l’espace d’une semaine, tandis que le marché parallèle affiche également un léger redressement de 0,85 %. Le taux indicatif ressort ainsi à 2 240,76 CDF pour un dollar américain, traduisant une reprise relative mais fragile face à la forte demande de devises sur l’ensemble du territoire.

Malgré ce regain de stabilité, les réserves internationales ont légèrement reculé, passant de 7 228,80 millions de dollars à 7 128,23 millions, soit une couverture estimée à 2,72 mois d’importations de biens et services. Cette situation limite la marge de manœuvre de la BCC pour absorber les chocs extérieurs, dans un contexte marqué par l’incertitude économique internationale et les tensions géopolitiques.

La forte liquidité bancaire et la demande soutenue en devises continuent d’exercer une pression sur le CDF, alors que la mobilisation des recettes publiques constitue un levier essentiel pour stabiliser l’économie. En février, les régies financières ont collecté 1 828,7 milliards de CDF, principalement via la Direction générale des impôts (685,4 milliards) et la Direction générale des douanes et accises (532,4 milliards), permettant de couvrir partiellement les dépenses publiques estimées à 1 872,0 milliards de CDF.

La BCC appelle à un renforcement de la discipline budgétaire et à l’accélération des réformes structurelles. L’investissement dans les infrastructures stratégiques transports, énergie et logistique est présenté comme un levier pour diversifier la base productive du pays et réduire la dépendance aux importations, principale source de vulnérabilité du franc congolais.

Si la monnaie nationale témoigne d’une résilience interbancaire, la stabilité durable du franc congolais reste étroitement liée à la capacité de l’État à combiner mobilisation fiscale, rigueur budgétaire et stratégie de développement économique à long terme.