Le timing est stratégique. Le Corridor de Lobito s’impose peu à peu comme une route majeure pour l’export du cuivre et des minerais critiques. Or ces métaux sont au cœur de la transition énergétique, de la production de batteries et de véhicules électriques.

Et si Lobito devenait la nouvelle porte de sortie du cuivre africain ?

Robert Friedland, fondateur d’Ivanhoe Mines, salue cette avancée. Son complexe de Kamoa-Kakula figure déjà parmi les plus grands producteurs de cuivre au monde. Fin 2025, l’entreprise a lancé la plus grande fonderie de cuivre d’Afrique, avec une capacité de 500 000 tonnes par an. Et depuis avril 2026, Ivanhoe expédie ses anodes de cuivre à 99,7 % de pureté via le port de Lobito, avec un objectif d’augmentation progressive des volumes.

Pour Friedland, le potentiel est massif : le Corridor pourrait transporter plus d’un million de tonnes par an d’ici cinq ans. Il deviendrait ainsi l’un des principaux couloirs d’exportation des minerais stratégiques du continent.

Au-delà des rails : la RDC peut-elle enfin transformer son sous-sol ?

Pour Kinshasa, l’enjeu va au-delà du transport. La réhabilitation de cette ligne doit permettre de réduire les coûts logistiques, d’ouvrir de nouvelles routes vers les marchés internationaux et de rendre le pays plus attractif pour les investisseurs. À plus long terme, le Corridor pourrait aussi stimuler l’industrialisation locale et la transformation des minerais sur place, à condition que des politiques cohérentes accompagnent les investissements.

Dans un marché mondial en forte tension autour des métaux critiques, cette réhabilitation est un levier décisif. Elle consolide la position de la RDC comme maillon incontournable de la chaîne de valeur du cuivre et des minerais de la transition énergétique.