Le contrat prévoit près de 1,258 milliard de dollars d’investissements destinés aux études, à la réhabilitation, à la modernisation, à l’exploitation et à la maintenance de cette infrastructure. Conclue pour une durée de 30 ans, la concession vise notamment à renforcer la liaison entre les principaux pôles économiques du Haut-Katanga et du Lualaba et le réseau ferroviaire angolais.

Pour Félix Tshisekedi, l’ambition va toutefois au-delà de l’exportation des minerais. Le corridor de Lobito doit également devenir un levier de production et de création de valeur, en facilitant l’acheminement des produits agricoles, des intrants industriels, des conteneurs et des biens de consommation.

Le projet doit aussi générer des retombées sur le plan socio-économique, notamment à travers la création d’emplois, la formation des jeunes, le recours aux entreprises locales et le transfert de technologies.

Le chef de l’État congolais s’est par ailleurs voulu rassurant quant à la préservation des intérêts de l’État. Selon lui, la concession ne constitue pas une privatisation de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), qui conservera notamment l’exclusivité du transport des voyageurs ainsi que son droit au transport de marchandises. L’État congolais détiendra, en outre, au moins 10 % de la société de projet et percevra une redevance équivalant à 7,5 % du chiffre d’affaires annuel brut.

Félix Tshisekedi inscrit également cette initiative dans une vision plus large des relations entre la RDC et l’Angola. La proximité géographique entre les deux pays est appelée, selon lui, à devenir un levier de paix, d’intégration économique et de prospérité partagée.

Le corridor de Lobito se présente ainsi comme bien plus qu’un projet ferroviaire. Il constitue un instrument de coopération régionale et un pari sur la transformation du rail en moteur de croissance.

Reste désormais à traduire cette ambition en résultats concrets. La réussite du projet dépendra de sa mise en œuvre effective et de sa capacité à réduire les coûts logistiques, à soutenir la production locale et à permettre à la RDC de mieux valoriser sa position stratégique au cœur de l’Afrique.