Puis sont arrivées les restrictions américaines liées à la situation sanitaire en RDC. Nous ne reviendrons pas ici sur le caractère contesté de ces mesures, qui ont même affecté des Congolais vivant hors du pays. Le simple mot « Ebola » a suffi pour que les rendez-vous consulaires soient annulés, plongeant des milliers de supporters dans l'incertitude.
Selon certaines sources bancaires, entre 8 000 et 15 000 Congolais auraient payé les 462 500 francs congolais exigés pour introduire une demande de visa durant cette période. Cela représenterait entre 1,3 et 2,4 millions de dollars encaissés au titre des frais consulaires. De son côté, avec des billets vendus entre 300 et 3 000 dollars pour les offres les plus prestigieuses, la FIFA aurait perçu entre 2,4 et 7,5 millions de dollars grâce aux ventes réalisées auprès des supporters congolais.
En ajoutant les réservations d'hôtel, les billets d'avion et les autres dépenses engagées, les supporters congolais pourraient avoir investi entre 6 et 15 millions de dollars dans l'espoir de participer à la Coupe du monde 2026. Ou, plus précisément, dans l'espoir d'obtenir au moins un rendez-vous à l'ambassade afin de défendre leur dossier et tenter de vivre ce moment historique : voir la RDC disputer une Coupe du monde pour la première fois depuis 52 ans.
Certes, chacun savait que l'achat d'un billet ne garantissait pas l'obtention d'un visa. Mais la FIFA avait laissé entendre que les détenteurs de billets bénéficieraient au minimum d'un accès facilité aux rendez-vous consulaires. De leur côté, les autorités américaines rappellent depuis toujours que les frais de visa ne sont pas remboursables. Toutefois, lorsqu'une administration annule elle-même les rendez-vous pour des raisons sanitaires controversées, ne devrait-il pas exister un mécanisme exceptionnel de remboursement ?
Car au fond, c'est bien là que réside le problème. Des milliers de Congolais ont payé pour un service qui, dans de nombreux cas, ne sera jamais rendu. Les rendez-vous n'ont pas eu lieu. Les demandes n'ont pas été examinées. Les billets risquent de ne jamais être utilisés.
C'est cette réalité qui pousse certains à parler aujourd'hui d'un « My Gold Rev des supporters ». Non pas parce qu'il s'agirait d'une fraude organisée, mais parce qu'ils ont le sentiment que chacun a encaissé sa part tandis qu'eux pourraient ne jamais recevoir le service pour lequel ils ont payé. L'ambassade a perçu ses frais. La FIFA a vendu ses billets. Les compagnies aériennes et les hôtels ont enregistré leurs réservations. Mais les supporters, eux, pourraient rester à quai.
À quelques jours du coup d'envoi du match RDC-Portugal, une question demeure : si le voyage n'a finalement plus lieu, qui remboursera les milliers de Congolais qui ont payé pour vivre un rêve devenu inaccessible ?
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Mondial 2026 ou « MYGOLDREV » ? Des millions de dollars encaissés en frais consulaires et en billets, des services jamais rendus. Pourquoi cette affaire rappelle-t-elle un système de Ponzi ?
Pour des milliers de Congolais, la Coupe du monde 2026 risque de rester un rêve payé mais jamais vécu. Après la qualification historique des Léopards, et encouragés par la promesse de l'organisateur de faciliter l'obtention des rendez-vous consulaires via le système FIFA PASS, de nombreux supporters ont acheté leurs billets FIFA, payé leurs frais de visa américain, réservé leurs hôtels et parfois même leurs billets d'avion dans l'espoir d'assister au tournoi.

Par La Redaction
Publié le 16 juin 2026
Modifié le 16 juin 2026 à 14h17
Lecture : 3 minutes.
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