Élu membre non permanent pour le mandat 2026-2027, le pays dispose désormais d’une plateforme majeure pour influer sur les travaux de l’instance chargée de la paix et de la sécurité internationales.
Au-delà du symbole, ce mois de présidence est une fenêtre stratégique pour la RDC. Elle peut y porter les priorités de l’Afrique et défendre une diplomatie fondée sur le dialogue, le droit international et la coopération multilatérale.
Kinshasa a choisi de placer son mandat sous le mot d’ordre : « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme ».
Une diplomatie fondée sur l’expérience congolaise
Avec cette ligne, la RDC veut nourrir les débats internationaux sur les crises sécuritaires en s’appuyant sur sa propre expérience. Depuis des décennies, le pays fait face aux conflits armés, aux déplacements massifs de populations et aux tensions liées à l’exploitation de ses ressources naturelles.
Le programme congolais s’articule autour de six axes : une gestion plus responsable des ressources naturelles, une meilleure protection des civils, la lutte contre l’impunité via la justice transitionnelle, la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », une implication plus forte des jeunes dans les processus de paix, et un renforcement du partenariat entre l’ONU et les organisations régionales, en particulier l’Union africaine.
Pour traduire ces engagements en actes, la présidence congolaise prévoit trois temps forts au siège de l’ONU à New York.
Le 8 juillet, un briefing sur les violences sexuelles liées aux conflits sera dirigé par la Première ministre. Le choix de son niveau d’intervention souligne la place centrale de cette question dans l’agenda diplomatique congolais.
Le 13 juillet, la ministre d’État aux Affaires étrangères animera une réunion en format Arria sur le triptyque : exploitation des ressources naturelles, conflits armés et voies vers la paix.
Le 21 juillet, le président de la République conduira lui-même un débat public de haut niveau consacré à la gouvernance des ressources naturelles. Un thème décisif pour la sécurité et le développement, autant pour la RDC que pour de nombreuses autres régions.
Transformer le vécu en levier diplomatique
Pour Kinshasa, ce mandat est aussi l’occasion de transformer son vécu en propositions concrètes. L’idée est de montrer qu’une exploitation durable des ressources, la justice, la protection des civils et la coopération internationale sont des outils efficaces pour prévenir les conflits.
Durant ces quatre semaines, la RDC dirigera les travaux du Conseil, définira l’agenda des réunions et organisera les échanges entre les quinze membres. Une responsabilité qui place le pays au cœur des décisions diplomatiques les plus sensibles et lui offre une tribune rare pour faire entendre sa position sur les grands dossiers internationaux.



















