Le Kenya s'apprête à durcir les conditions d'exercice pour les étrangers opérant dans le petit commerce. Mercredi 2 septembre, lors d'une rencontre à la State House avec des représentants des micro, petites et moyennes entreprises, le président William Ruto a instruit les services du commerce et de l'immigration de lancer des opérations de contrôle à l'échelle nationale dès le 7 septembre.

Dans le viseur : le commerce ambulant, les kiosques et plusieurs activités de vente au détail nécessitant peu de capitaux. Pour le chef de l'État, l'ouverture économique du Kenya doit attirer des investissements créateurs d'emplois et renforcer la production nationale, et non permettre à des opérateurs étrangers d'occuper des segments directement accessibles aux entrepreneurs kényans.

La mesure intervient alors que les petits commerçants locaux dénoncent la hausse des coûts d'importation et une concurrence jugée déloyale. À Nairobi, notamment dans les quartiers commerçants, la place des opérateurs étrangers dans le commerce de proximité est au cœur des revendications.

Au-delà des contrôles, le gouvernement veut accélérer l'examen du Local Content Bill. Ce projet de loi vise à accroître la participation des Kényans à l'économie nationale, en imposant aux entreprises étrangères des quotas d'emplois locaux et des obligations en matière d'approvisionnement.

Pour l'exécutif, il s'agit de mieux retenir la valeur ajoutée créée au Kenya et de soutenir l'entrepreneuriat national. Une orientation qui interroge toutefois sur l'équilibre entre protection du marché local et attractivité pour les investisseurs étrangers, dans un pays qui entend conserver son statut de hub économique en Afrique de l'Est.

Cette nouvelle donne pourrait aussi avoir une portée régionale. Le Kenya entretient d'importants échanges avec ses voisins et compte de nombreux ressortissants actifs dans les économies de la région. Des restrictions visant les commerçants étrangers pourraient dès lors susciter des réactions, voire des mesures de réciprocité.

Pour William Ruto, tout l'enjeu est de concilier protection du petit entrepreneuriat et attractivité économique. La portée réelle de cette politique dépendra de son application sur le terrain à partir du 7 septembre, mais aussi de l'issue du processus législatif en cours au Parlement.