En pleine montée en puissance, le port tanzanien améliore ses performances et bat des records de trafic. La République démocratique du Congo, qui concentre désormais plus de la moitié des marchandises en transit, s'y impose comme premier marché régional.
Dar es-Salaam réduit les délais portuaires et renforce la place de la Tanzanie dans le commerce régional

Plus rapide et plus capacitaire, le port de Dar es-Salaam consolide son statut de porte d'entrée stratégique de l'océan Indien vers l'Afrique de l'Est, la région des Grands Lacs et les bassins miniers d'Afrique centrale et australe.
Cette progression est confirmée par les classements internationaux. Selon l'Indice de performance des ports à conteneurs 2025 (CPPI) de la Banque mondiale, Dar es-Salaam pointe au 255e rang mondial avec un score de -7,75, contre environ -176 en 2021. Une nette amélioration, même si cet indice ne mesure que le temps de séjour des porte-conteneurs à quai, sans intégrer les contraintes logistiques terrestres.
Sur le terrain, les gains sont spectaculaires. En juillet 2026, DP World a annoncé avoir réduit de plus de 90% le temps de déchargement de certaines cargaisons sur son terminal, passé de plus de 300 heures à moins de 28 heures depuis le démarrage de ses opérations en avril 2024.
La croissance des volumes suit la même courbe. D'après la Tanzania Ports Authority (TPA), le port a traité 33,7 millions de tonnes de marchandises sur l'exercice 2025/2026, contre 27,7 millions un an plus tôt et 23,7 millions en 2023/2024.
Au cœur de cette dynamique : la RDC. Avec 5,99 millions de tonnes en 2024/2025, le pays représentait déjà 47% du trafic international de transit, devant la Zambie, le Rwanda, le Malawi et le Burundi. En 2025/2026, ce volume grimpe à près de 7,77 millions de tonnes, soit 53% du transit, confirmant la RDC comme premier client régional de Dar es-Salaam.
Une place qui illustre le poids du corridor tanzanien pour les provinces minières du Haut-Katanga et du Lualaba. Machines, équipements industriels, carburants et produits manufacturés y transitent à l'import, tandis que le cuivre et le cobalt congolais empruntent la même voie à l'export.
Cette performance est le fruit d'investissements lourds. Le Dar es Salaam Maritime Gateway Project, soutenu par la Banque mondiale, a permis de moderniser les quais, d'approfondir le chenal d'accès et d'accroître les capacités d'accueil. À cela s'ajoutent les investissements de DP World et de Tanzania East Africa Gateway Terminal Limited (TEAGTL) dans les équipements de manutention et les plateformes logistiques.
Pour les économies enclavées comme la RDC et la Zambie, ces avancées sont synonymes de délais d'approvisionnement réduits et d'échanges plus fluides. Mais l'efficacité du corridor reste tributaire de l'état des routes et des chemins de fer, ainsi que de la fluidité des procédures douanières et des postes frontaliers.
La Tanzanie poursuit d'ailleurs le développement de ses infrastructures de transport pour mieux connecter Dar es-Salaam à son arrière-pays régional. Une stratégie offensive dans un contexte de concurrence accrue, notamment face au corridor de Lobito, qui relie les zones minières de la RDC et de la Zambie à l'Atlantique via l'Angola.
En traitant plus vite et plus de marchandises, avec la RDC comme moteur de son transit, Dar es-Salaam renforce son rôle de hub régional. Le défi est désormais de pérenniser ces performances tout en absorbant la croissance continue des échanges avec ses voisins.
La rédaction
Les plus lus - Afrique & Entreprises
Afrique du Sud : une directive sur l'asile retirée après des violences contre les migrants
Corne de l'Afrique : Addis-Abeba et Asmara au bord d'une nouvelle guerre
Or africain : le Burkina Faso passe au raffinage
Nigeria : 48 morts après une intoxication au méthanol
Sénégal : à Bambali, Sadio Mané mise sur la transformation de la mangue
Nigeria : 49 morts après une beuverie artisanale, le contrôle sanitaire en échec
Zimbabwe : un jour férié calé sur l'anniversaire du président
Nigeria : la NCAA sanctionne RwandAir pour un litige de bagage mal traité
La rédaction vous recommande
Nos lecteurs ont lu ensuite
Afrique du Sud : une directive sur l'asile retirée après des violences contre les migrants
Corne de l'Afrique : Addis-Abeba et Asmara au bord d'une nouvelle guerre
Or africain : le Burkina Faso passe au raffinage
Nigeria : 48 morts après une intoxication au méthanol
Sénégal : à Bambali, Sadio Mané mise sur la transformation de la mangue

Afrique du Sud : une directive sur l'asile retirée après des violences contre les migrants

Corne de l'Afrique : Addis-Abeba et Asmara au bord d'une nouvelle guerre

Or africain : le Burkina Faso passe au raffinage

Nigeria : 48 morts après une intoxication au méthanol

