Longtemps considéré comme enterré, le dossier Phala Phala revient sur le devant de la scène politique sud-africaine. La Cour constitutionnelle vient d’annuler la procédure parlementaire qui avait écarté toute mise en accusation de Cyril Ramaphosa. Cette décision redonne un poids politique majeur à un scandale qui n’avait jamais vraiment disparu.
Afrique du Sud : l’affaire Phala Phala rebondit en justice et met Ramaphosa sous pression

L’affaire remonte à 2020, après un cambriolage dans la ferme privée du président, située dans le Limpopo. Plusieurs centaines de milliers de dollars en espèces, cachés dans des meubles, avaient été volés. Cyril Ramaphosa avait alors justifié ces sommes par la vente de buffles à un homme d’affaires étranger. Une explication jugée peu crédible par l’opposition.
En 2022, le scandale avait pris une tournure institutionnelle. Un rapport indépendant commandé par le Parlement avait conclu que le chef de l’État avait potentiellement manqué à ses obligations constitutionnelles. Malgré cela, la majorité ANC avait fait barrage à toute procédure de destitution, protégeant le président.
Le jugement rendu ce vendredi bouleverse la situation. Pour la Cour constitutionnelle, le vote du Parlement ayant stoppé la procédure ne respectait pas les exigences de la Constitution. En annulant ce rejet, les juges remettent indirectement en cause la manière dont l’ANC a géré politiquement le dossier.
Cette relance fait suite à un recours déposé par les Economic Freedom Fighters. Le parti d’opposition dénonce depuis le début l’opacité autour de l’affaire. Pour ses dirigeants, la décision de la Cour est une victoire politique qui renforce l’exigence de redevabilité des élus.
Même si les poursuites pénales ont été classées sans suite en 2024, la portée symbolique reste forte. Le dossier réactive le débat sur la gestion des intérêts privés par les responsables publics, dans un pays où la corruption reste au cœur des préoccupations démocratiques.
À l’approche des prochaines élections, cette nouvelle étape fragilise Cyril Ramaphosa et alimente les critiques contre l’ANC, dont la popularité continue de s’éroder. Au-delà du président, l’affaire Phala Phala devient un test de crédibilité pour les institutions sud-africaines.
Mina Ibango
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