Devant un parterre de dirigeants politiques, d’investisseurs et de chefs d’entreprise africains et étrangers, le président rwandais a accusé certaines nations qui donnent des leçons de démocratie et de droits humains à l’Afrique de contribuer simultanément à l’exploitation de ses richesses naturelles. Il a aussi remis en cause la légitimité des sanctions internationales, jugeant qu’elles servent davantage des calculs géopolitiques et économiques que des principes de justice.

Kagame a plaidé pour que les dirigeants africains abandonnent leur posture de dépendance dans les négociations internationales. Pour lui, le continent doit déterminer lui-même la valeur de ses ressources stratégiques et défendre ses intérêts sans chercher l’aval de l’extérieur. Il a invité les acteurs publics et privés africains à bâtir une souveraineté économique reposant sur la maîtrise de leurs matières premières, de leur industrie et de leurs actifs.

Cette intervention intervient alors que Kigali fait face à une forte pression diplomatique. Ces derniers mois, plusieurs rapports de l’ONU et d’organisations de défense des droits humains ont accusé le Rwanda de soutenir le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, ce que Kigali nie catégoriquement.

Les propos de Kagame surviennent aussi quelques semaines après que Washington a sanctionné des responsables de l’armée rwandaise et des proches du pouvoir, soupçonnés de soutenir le M23 et d’alimenter les violences dans l’est congolais. Dans ce contexte, son discours apparaît comme une réplique politique face à l’intensification des pressions internationales liées au conflit en RDC.