Au Sénégal, le climat politique se tend. Président de l’Assemblée nationale et chef de file du PASTEF, Ousmane Sonko affirme disposer des leviers parlementaires pour renverser le gouvernement fraîchement nommé par le président Bassirou Diomaye Faye.

« Si je le voulais, je ferais tomber ce gouvernement dès demain », lance-t-il mardi 2 juin à Dakar, en conférence de presse. La déclaration intervient quelques heures seulement après l’installation de l’équipe conduite par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô.

L’épisode marque un nouveau pic de tension entre deux figures issues de la même mouvance, portées au pouvoir par l’alternance de 2024. Propulsé au perchoir, le leader du PASTEF entend désormais peser directement sur les orientations politiques du pays.

La crise remonte au 22 mai. Le président a mis fin aux fonctions de son ancien Premier ministre, invoquant des « divergences politiques ». Élu quelques jours plus tard à la tête de l’Assemblée, Ousmane Sonko a consolidé l’ancrage de son parti au Parlement. Cette position lui donne un poids décisif sur l’avenir de l’exécutif, via les mécanismes de contrôle prévus par la Constitution.

Le PASTEF a refusé d’entrer au gouvernement, estimant que sa composition ne reflète pas la majorité sortie des urnes.

L’équipe d’Ahmadou Al Aminou Lô démarre donc sous pression. Entre la menace d’une motion de censure et une Assemblée dominée par le PASTEF, l’exécutif joue sa stabilité dès ses premiers jours.

Cette incertitude institutionnelle survient alors que le Sénégal doit traiter des urgences économiques : gestion de la dette, négociations avec les bailleurs internationaux.

Un nouveau rapport de force s’installe entre présidence et Parlement. Son évolution dépendra de la capacité des deux camps à négocier ou à assumer l’affrontement.