À la barre, Bernard Kalombola, ancien Président du Conseil d’Administration du FRIVAO, a livré un témoignage à charge. Il met directement en cause Constant Mutamba, son entourage familial et Chançard Bolukola, ex-dirigeant du Fonds.

Selon lui, les détournements présumés au sein de l’institution auraient été organisés avec l’implication de l’ancien ministre et de Chançard Bolukola. Il affirme également que le grand frère de Constant Mutamba serait intervenu dans le dossier.

Plus sensible encore, l’ancien PCA dit détenir un enregistrement audio. Dans cet enregistrement, toujours selon son témoignage, le grand frère de l’ancien ministre évoquerait un plan visant à exfiltrer Chançard hors du pays, vers le Canada notamment, pour le soustraire aux poursuites liées aux détournements présumés.

Une allégation qui pèse désormais lourd dans l’instruction. Reste que l’existence, le contenu et l’authenticité de cet audio devront être établis par la justice avant que ces faits puissent être tenus pour avérés.

Se disant au fait du fonctionnement du système et du rôle de chaque protagoniste, Bernard Kalombola a par ailleurs sollicité une mesure de protection. Une demande qui renforce la portée de ses déclarations.

Déjà entaché par plusieurs accusations sur la gestion des fonds destinés aux victimes congolaises, le dossier FRIVAO pourrait, avec ce témoignage, s’orienter vers l’examen des responsabilités individuelles, y compris au sein de l’entourage de l’ancien ministre.

À ce stade, Constant Mutamba et toutes les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence. Il reviendra à la justice de confronter ce témoignage aux autres pièces du dossier et d’apprécier la valeur probante de l’enregistrement audio évoqué.