<p>Emmanuel Macron reçoit ce mercredi 25 février à l’Élysée le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi. Une rencontre qui intervient à un moment particulièrement chargé, à la fois sur le terrain militaire à l’Est de la RDC et dans l’opinion publique congolaise. Cette entrevue survient quelques heures seulement après l’annonce de la mort du porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, tué lors d’une frappe de drone attribuée aux FARDC près de Rubaya, dans le Nord-Kivu. Sur le terrain, la pression militaire s’intensifie. Sur le plan diplomatique, les discussions se multiplient.
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<p>Une séquence diplomatique active</p>
<p>Ce nouveau tête-à-tête n’est pas isolé. Le 23 janvier dernier, Félix Tshisekedi avait déjà été reçu à Paris dans le cadre d’une visite de travail. Les deux chefs d’État avaient alors échangé sur la situation sécuritaire et humanitaire à l’Est ainsi que sur la coopération bilatérale.</p>
<p>Depuis, la diplomatie française s’est exprimée à plusieurs reprises sur le dossier congolais. Le 14 février, Paris saluait l’adhésion de Kinshasa au cessez-le-feu proposé par l’Angola aux différentes parties engagées dans la crise des Grands Lacs. La France insistait également sur l’application complète de l’accord de Washington du 4 décembre 2025 et rappelait l’importance de l’accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025.</p>
<p>Dans le même temps, la France a soutenu la relance des vols humanitaires vers Goma, après la visite du 12 au 14 février de Vivian van de Perre, cheffe par intérim de la MONUSCO, dans le cadre du suivi de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité.</p>
<p>Une relation sous tension dans l’opinion congolaise</p>
<p>Si Paris affiche un soutien à l’intégrité territoriale de la RDC, la perception en République démocratique du Congo reste plus complexe. Dans une partie de l’opinion politique congolaise, la France demeure perçue comme l’un des partenaires historiques du Rwanda. Certains acteurs politiques et analystes estiment que Paris a longtemps entretenu une relation stratégique étroite avec Kigali, ce qui alimente des soupçons de partialité dans la crise actuelle.</p>
<p>Cette perception pèse sur chaque rencontre diplomatique entre Paris et Kinshasa. Elle nourrit un débat interne : la France est-elle un médiateur engagé pour la paix ou un acteur aux intérêts régionaux ambivalents ?</p>
<p>Entre médiation et repositionnement stratégique</p>
<p>La rencontre de ce 25 février s’inscrit dans une semaine africaine dense pour Emmanuel Macron, qui enchaîne les échanges avec plusieurs chefs d’État du continent. Dans un contexte de recomposition géopolitique en Afrique, Paris cherche à redéfinir son rôle.</p>
<p>Pour Kinshasa, l’enjeu est double :</p>
<p>• Consolider un appui international face à la résurgence du M23 ;
• Éviter que la médiation internationale ne se transforme en pression politique interne.
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</p>Ce que l’on peut attendre</p>
</p>Aucune annonce majeure n’a été confirmée à ce stade. Mais cette rencontre pourrait clarifier :</p>
</p>• Le niveau d’engagement concret de la France dans le suivi du cessez-le-feu ;
• La coordination entre Paris, Washington, Luanda et Doha ;
• La position française sur la dimension régionale du conflit.
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</p>À Paris, la diplomatie se poursuit. À l’Est, les combats continuent. La question demeure : les initiatives internationales en cours parviendront-elles à transformer la séquence militaire actuelle en avancée politique durable ?</p>







