À première vue, on n’y voit que la colère d’un joueur éliminé. Lovren ne s’en prend pas frontalement à la RDC. Il déplore surtout une erreur défensive qu’il juge indigne d’une nation finaliste en 2018. Mais le problème, c’est le terme de comparaison choisi.

Un choix de mots qui en dit long

Pourquoi le Congo et pas un autre ? En opposant la Croatie au Congo, Lovren laisse entendre qu’une telle bévue serait tolérable pour une équipe africaine, mais pas pour une sélection européenne habituée aux derniers carrés. Derrière cette phrase, transparaît une hiérarchie qui persiste encore dans l’imaginaire d’une partie des acteurs du football.

L’ironie, c’est que la RDC venait justement de bousculer cette image pendant le tournoi. Les Léopards ont accroché le Portugal en poules, sont sortis d’un groupe relevé et n’ont cédé qu’en huitièmes face à l’Angleterre, après une prestation très solide. Loin du cliché que la sortie de Lovren semble entretenir.

Ses propos interrogent aussi sur le deux poids deux mesures médiatique. Quand une sélection européenne crie à l’injustice, l’indignation est immédiate et largement relayée. Quand des nations africaines dénoncent des décisions arbitrales douteuses ou un traitement inéquitable, leurs voix sont plus souvent accueillies avec scepticisme, voire indifférence.

Un football africain qui force le respect

Pourtant, le rapport de force évolue. Le Maroc demi-finaliste en 2022, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert et désormais la RDC montrent que l’écart avec les grandes nations se resserre. Match après match, les sélections africaines obligent le monde du football à réviser ses certitudes.

Au-delà de la frustration d’un match perdu, la formule de Lovren rappelle une réalité : les équipes africaines n’ont pas encore le même capital de respect que leurs homologues européennes. Si sa phrase a autant fait réagir, c’est parce qu’elle sonne comme un vestige d’une époque que les résultats actuels du football africain s’efforcent justement de laisser derrière eux.