L’aéroport international de Kisangani a de nouveau été pris pour cible par une attaque de drones attribuée au Mouvement du 23 mars (M23), marquant une nouvelle étape dans l’extension géographique du conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.

Pour la troisième fois en moins de deux semaines, les installations de l’aéroport Bangoka, principal hub aérien de la province de la Tshopo, ont été visées par des engins explosifs télépilotés, selon des sources sécuritaires locales et les autorités provinciales.

D’après les premières informations disponibles, l’assaut aurait été mené à l’aide de drones kamikazes chargés de sous-munitions. Le bilan humain et matériel restait en cours d’évaluation mercredi, mais l’attaque soulève de vives inquiétudes quant à la vulnérabilité des infrastructures stratégiques situées loin des lignes de front traditionnelles.

Située à plus de 1 000 kilomètres des bastions historiques de la rébellion, Kisangani apparaît désormais dans le périmètre opérationnel du M23. La ville, qui compte près de 1,5 million d’habitants, constitue un carrefour économique majeur et une porte d’entrée vers la région centrale du pays.

-Une évolution tactique préoccupante-

Ces frappes interviennent après deux précédents raids signalés les 31 janvier et 1er février. Cette répétition met en lumière l’évolution des méthodes du M23, qui recourt de plus en plus à des technologies aériennes pour frapper des cibles à distance.

Pour les observateurs sécuritaires, cette “guerre des drones” traduit une montée en sophistication des capacités opérationnelles du groupe armé. Elle interroge également sur la porosité de l’espace aérien congolais et sur les moyens de défense anti-drones disponibles dans le pays.

À Kinshasa, les autorités congolaises ont fermement condamné ces attaques, dénonçant ce qu’elles qualifient d’« escalade rwandaise ». Le gouvernement accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le M23, des accusations que Kigali rejette.

Cette nouvelle offensive renforce les tensions diplomatiques entre les deux pays, déjà exacerbées par les affrontements persistants dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

En visant des infrastructures stratégiques éloignées du théâtre classique des opérations, le M23 semble élargir le champ du conflit au-delà de l’est congolais. Cette dynamique pourrait avoir des conséquences majeures sur la sécurité nationale, le trafic aérien et la stabilité économique.

Alors que la communauté internationale appelle à une désescalade et à une reprise du dialogue, la multiplication des attaques par drones souligne la complexité croissante du conflit congolais et l’urgence d’une réponse sécuritaire et diplomatique coordonnée.