S’exprimant devant les sénateurs, le speaker de la Chambre haute a réitéré la disponibilité de l’institution à accompagner toute initiative visant à consolider la cohésion nationale. Il a toutefois posé une limite nette, insistant sur le respect strict des mécanismes institutionnels.

“Nous réaffirmons notre disponibilité à contribuer à cette initiative dans le strict respect du cadre institutionnel et dans l’intérêt supérieur de la nation”, a déclaré Sama Lukonde, marquant ainsi son alignement sur la position présidentielle.

Sur le plan sécuritaire, l'ancien Premier ministre a dressé un constat préoccupant de la situation dans l’est du pays. Sama Lukonde a dénoncé les agissements du Mouvement du 23 mars (M23), qu’il accuse d’être soutenu par le Rwanda, ainsi que la persistance des attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF).

Le président du Sénat a également salué les sanctions prises par les États-Unis contre certains officiers rwandais, y voyant un signal fort face à l’instabilité dans la région des Grands Lacs. Il a, par ailleurs, condamné les récentes attaques de drones kamikazes visant notamment l’aéroport international de Goma et des installations militaires, qu’il qualifie de violations répétées du cessez-le-feu.

Au-delà de la sécurité, l'ex-chef du gouvernement a reconnu la fragilité persistante de la situation socioéconomique. Chômage des jeunes, baisse du pouvoir d’achat, retards de paiement des fonctionnaires et accès limité aux services sociaux figurent parmi les défis majeurs évoqués.

Pour y faire face, Jean-Michel Sama Lukonde plaide pour une diversification de l’économie, axée notamment sur l’agriculture, l’énergie, le développement industriel et la valorisation des ressources minières stratégiques.

Dans un contexte de pressions budgétaires accrues liées aux dépenses sécuritaires, il a appelé à une gestion rigoureuse des finances publiques. Il a insisté sur la poursuite de la réforme du budget-programme ainsi que sur la mise en œuvre effective du Plan national stratégique de développement (PNSD), qu’il considère comme un levier essentiel de transformation économique.

Pour le président du Sénat, la concrétisation de ces réformes constitue un enjeu politique majeur pour renforcer la résilience et la stabilité économique de la République démocratique du Congo.