Devant l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a accordé une place importante à la situation dans l’Est de la RDC. Les violences persistantes et leurs conséquences humanitaires continuent de mobiliser l’attention de la communauté internationale et de placer Kinshasa au cœur des discussions consacrées à la paix et à la sécurité.

Pour les autorités congolaises, l’objectif est notamment de maintenir la mobilisation internationale autour de cette crise et de mettre en avant les initiatives engagées pour parvenir à une solution durable. La situation sécuritaire dans l’Est demeure ainsi l’un des principaux dossiers défendus par la diplomatie congolaise dans les enceintes multilatérales.

Mais le déplacement de la cheffe du gouvernement congolais à New York a également permis à Kinshasa de mettre en avant une autre priorité diplomatique : la candidature de Juliana Amato Lumumba à la tête de l’OIF.

Officiellement lancée à Paris en mai dernier par la Première ministre Judith Suminwa, cette candidature bénéficie du soutien affirmé des autorités congolaises. En mars 2026, le président Félix Tshisekedi l’avait déjà présentée aux ambassadeurs des États membres de la Francophonie accrédités à Kinshasa.

À travers cette candidature, la RDC entend également défendre une certaine vision de l’avenir de l’espace francophone. Lors du lancement de sa candidature, Juliana Amato Lumumba avait été présentée comme la porteuse d’une « Francophonie qui avance », qui « ose » et qui « se renouvelle sans renier ses valeurs ».

Cette ambition s’inscrit dans le discours diplomatique de Kinshasa sur la nécessité pour les organisations internationales de s’adapter aux mutations du monde. La RDC plaide notamment pour une Francophonie davantage connectée aux attentes de ses membres, plus proche des populations et mieux à même de contribuer aux réponses apportées aux défis contemporains.

De la crise sécuritaire dans l’Est à la gouvernance de l’espace francophone, Kinshasa cherche ainsi à renforcer sa présence dans les espaces de décision internationaux. Deux dossiers qui, chacun à leur manière, participent à la stratégie diplomatique de la RDC et à sa volonté de peser davantage dans le débat multilatéral.

Les prochaines échéances permettront de mesurer la portée concrète de cette offensive diplomatique, aussi bien sur le front sécuritaire que dans la course à la direction de l’OIF.