Pour un pays aux dimensions continentales comme la RDC, l'ouverture maritime est un enjeu majeur. Cette mission s'inscrit dans le prolongement des engagements pris par les présidents Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan, lors de leurs échanges des 17 et 18 août 2026, en faveur du développement des infrastructures de transport et du renforcement des liens économiques entre Kinshasa et Dodoma.

Dar es Salaam, porte maritime stratégique pour la RDC

Le port de Dar es Salaam est vital pour l'approvisionnement de la RDC, en particulier pour l'Est et le Sud-Est du pays. Selon la Primature, plus de 50% du fret de transit qui y est traité est destiné au marché congolais, une donnée qui illustre son poids dans le commerce national.

Accompagnée notamment du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, la Première ministre s'est entretenue avec le ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa, et les responsables de la Tanzania Ports Authority.

Au menu des échanges : l'amélioration des opérations portuaires, la fluidification du transport des marchandises et le renforcement de la coopération logistique entre les deux capitales.

« Nous estimons que nos deux pays ont à gagner à travailler ensemble, que ce soit politiquement ou économiquement. En travaillant ensemble, en ayant un partenariat fort, nous avons tous à gagner », a déclaré Judith Suminwa.

Kwala, un investissement logistique d'avenir

Temps fort de la mission : l'étape de Kwala, à une centaine de kilomètres de Dar es Salaam. La Tanzanie y a mis à la disposition de la RDC 45 hectares pour l'aménagement d'un terminal logistique congolais au sein du port sec, connecté au chemin de fer à écartement standard.

Une infrastructure appelée à offrir aux opérateurs congolais un espace dédié pour le stockage, le traitement et les formalités douanières des marchandises en transit.

Sa mise en service devrait permettre de raccourcir les délais d'acheminement, de réduire les coûts de transport et d'améliorer la traçabilité des cargaisons. Un atout également pour les exportateurs congolais, notamment miniers, en simplifiant l'expédition de leurs produits vers les marchés internationaux.

Au-delà des gains opérationnels, le projet doit permettre à la RDC de mieux organiser ses flux commerciaux et d'optimiser la mobilisation des recettes publiques.

Du partenariat diplomatique aux retombées concrètes

Cette démarche s'inscrit dans le troisième pilier du Programme d'actions du Gouvernement 2024-2028, qui fait de la connectivité du territoire une priorité.

Sa réussite reste toutefois conditionnée à plusieurs facteurs : la mobilisation des financements, la coordination des administrations douanières, la performance des infrastructures de transport et la simplification des procédures.

La présence de plusieurs députés nationaux dans la délégation traduit la volonté d'associer le Parlement au suivi du projet et aux arbitrages sur son financement.

S'exprimant au nom de ses collègues, le député Berthos Kabey a salué l'initiative, tout en évoquant la possibilité de plaider pour une allocation budgétaire dédiée.

Pour Kinshasa, l'enjeu est désormais de transformer cette coopération en résultats économiques mesurables. Réduction des délais de transit, maîtrise des coûts logistiques, amélioration des conditions d'exportation : autant d'indicateurs qui permettront de juger de l'impact réel du partenariat.

Dans un contexte régional marqué par la concurrence entre grandes plateformes portuaires, l'ancrage congolais à Kwala pourrait renforcer le positionnement de la RDC dans les échanges internationaux.

Reste à concrétiser les engagements pour que cette ouverture logistique se traduise par des gains durables pour les entreprises, les consommateurs et l'économie nationale.