La RDC est représentée par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui prend la parole à la place du président Félix Tshisekedi. Elle pose une question désormais incontournable : comment couper le lien entre minerais stratégiques et financement des groupes armés, alors même que la transition énergétique fait exploser la demande mondiale ?

Pour les autorités congolaises, la réponse passe par des mécanismes internationaux plus stricts. Il faut pouvoir suivre chaque minerai, de la mine au produit fini, et obliger les entreprises à rendre des comptes. À Kinshasa, on estime que la paix et la sécurité internationales dépendent directement de la façon dont on gouverne les ressources naturelles.

Au-delà du fond, cette séance est aussi un test pour les grandes puissances. Elles se livrent une concurrence de plus en plus vive pour sécuriser l’accès aux minerais stratégiques. La RDC leur demande de passer des déclarations aux actes, avec des mesures concrètes pour démanteler les circuits illicites qui nourrissent les conflits.

Plusieurs délégations ministérielles prennent part aux échanges, notamment celles de la Colombie, du Congo, de l’Angola, de l’Équateur, de l’Indonésie et des Émirats arabes unis. Le secrétaire général des Nations Unies et la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce sont également présents.

En mettant ce sujet à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, la RDC veut imposer une idée simple : le trafic des ressources naturelles est une menace directe pour la paix et la stabilité. Kinshasa espère ainsi poser les bases d’une gouvernance mondiale plus équitable, où les minerais critiques ne serviraient plus à financer la guerre, mais deviendraient un moteur de développement pour les pays producteurs.