Face à une recrudescence préoccupante du choléra dans la capitale congolaise, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités de la République démocratique du Congo ont enclenché une stratégie d’urgence fondée sur un quadrillage communautaire renforcé avec comme objectif de détecter rapidement les cas, interrompre les chaînes de transmission et inverser la courbe épidémique.
L’approche adoptée se veut proactive et intensive. Elle consiste à intervenir maison après maison, rue après rue, afin d’identifier précocement les personnes symptomatiques, désinfecter les foyers touchés, chlorer les sources d’eau et sensibiliser massivement les familles aux gestes barrières.
Selon le programme établi pour la semaine du 2 au 8 mars 2026, les opérations ont débuté le lundi 2 mars par la distribution de kits essentiels (WASH, produits de désinfection, pastilles de chlore, matériel de prélèvement) dans la zone de santé de Binza Ozone. Le mardi 3 mars a marqué le lancement officiel du quadrillage dans cette même zone, accompagné de la finalisation des kits et d’une réunion préparatoire sur le reporting quotidien.
Le mercredi 4 mars, l’opération s’est étendue aux zones de Limete, Kalamu II et Kingabwa, avec l’élaboration de microplans, la formation des superviseurs et la préparation d’une vaste mobilisation communautaire. À Limete, le jeudi 5 mars a été consacré à la formation des prestataires, à la distribution des kits et au lancement de la sensibilisation via crieurs publics, radios communautaires, lieux de culte et écoles.
Le vendredi 6 mars a permis de finaliser le dispositif de monitoring et de remettre les kits aux acteurs communautaires chargés des visites porte-à-porte. Le samedi 7 mars, la campagne de quadrillage a été officiellement lancée dans les trois zones prioritaires à savoir Limete, Kalamu II et Kingabwa, avant le démarrage, le dimanche 8 mars, des activités intensives sur le terrain notamment la désinfection, la chloration, la recherche active des cas et promotion de l’hygiène.
Un appui multisectoriel renforcé
Aux côtés du ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale et de l’Institut national de santé publique (INSP), l’OMS intensifie son appui logistique et technique. La stratégie place les communautés au cœur de la riposte, considérées comme les premières actrices de la détection et de la prévention.
Cette mobilisation bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, notamment le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni, dont les contributions appuient directement les opérations sur le terrain.
Les autorités sanitaires appellent ainsi leaders locaux, médias, écoles, églises, mosquées et associations à amplifier la sensibilisation autour des mesures essentielles : lavage régulier des mains, traitement systématique de l’eau, assainissement des milieux de vie et signalement immédiat de tout cas de diarrhée aiguë.
“Avec un engagement total et une coordination forte, nous pouvons mettre fin à cette épidémie dévastatrice dans la ville-province de Kinshasa et avancer vers un avenir sans choléra en République démocratique du Congo”, a déclaré la Dre Anne Ancia, représentante ad intérim de l’OMS.
Une situation épidémiologique alarmante
La RDC sort d’une année 2025 marquée par la plus grave flambée de choléra en 25 ans, avec plus de 71 200 cas et 2 070 décès recensés par l’INSP. En 2026, Kinshasa demeure l’un des principaux épicentres.
Pour la semaine du 16 au 22 février 2026, le pays a enregistré 1 429 cas présumés et 43 décès, soit un taux de létalité de 3 %. La capitale concentre à elle seule 30 % des cas (431) et 32 % des décès (14), avec 19 zones de santé affectées. Cinq zones, en l'occurrence Limete, Kingabwa, Kalamu II, Binza Ozone et Kingasani cumulent plus de 80 % des infections, révélant des foyers de transmission particulièrement actifs.
Dans une mégalopole où l’accès à l’eau potable reste limité et où la densité démographique favorise la propagation, les autorités sanitaires espèrent que cette riposte communautaire intensive permettra de contenir rapidement l’épidémie et d’amorcer une baisse durable des contaminations.



















