Ce constat soulève une question clé : comment une entreprise aussi stratégique, qui continue d’encaisser des recettes aéroportuaires, peut-elle cumuler plusieurs mois d’impayés salariaux ?

La RVA dispose pourtant de plusieurs sources de revenus réguliers :
- Redevances aéronautiques
- Taxes sur les passagers
- Frais de survol
- Services aéroportuaires
- Loyers et activités commerciales dans les aéroports

Le nœud du problème ne serait donc pas l’absence de recettes, mais plutôt des difficultés de trésorerie, de gouvernance financière et d’allocation des fonds.

Ce cas n’est pas isolé. Depuis des années, plusieurs sociétés publiques congolaises font face à une forte tension sur leurs ressources. Charges de fonctionnement importantes, dettes héritées, coûts de modernisation des infrastructures, rétrocessions, masse salariale élevée et autres obligations financières grèvent la trésorerie au point d’empêcher le paiement ponctuel des agents.

D’autres facteurs aggravent la situation :
- Faiblesses de gouvernance
- Opacité des circuits financiers
- Créances non recouvrées
- Prélèvements multiples
- Ingérences politiques dans la gestion

À cela s’ajoute un défi structurel propre à la RVA : le secteur aérien exige des investissements massifs et continus. Réfection des pistes, équipements de navigation, sécurité aéroportuaire, mise aux normes internationales et maintenance des infrastructures pèsent lourdement sur le budget.

Une interrogation revient alors avec insistance dans le débat public : les recettes de la RVA suffisent-elles encore à couvrir ses charges de fonctionnement, ou une part significative est-elle captée en amont avant d’alimenter les comptes opérationnels ?

En attendant, ce sont les agents qui paient le prix de cette crise de liquidités. Malgré la continuité des activités aéroportuaires sur l’ensemble du territoire, ils accusent plusieurs mois de salaires non versés.