Située au nord-est du pays, à la frontière avec la République centrafricaine, la province du Bas-Uele devient ainsi un nouveau foyer. Une information confirmée par les autorités sanitaires congolaises, dans un contexte où l’épidémie dépasse progressivement ses zones initiales.

Ce recul intervient dans un bilan déjà lourd : plus de 4 500 cas et plus de 2 100 décès enregistrés depuis la déclaration officielle du 15 mai. D’après les données des autorités, la mortalité a augmenté à un rythme nettement plus rapide que lors de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

Un virus qui échappe à la surveillance

Au-delà des chiffres, c’est surtout la propagation du virus en dehors des radars de surveillance qui alarme les équipes de riposte. Entre 60 et 70 % des nouveaux cas seraient aujourd’hui détectés chez des personnes qui n’étaient pas suivies comme contacts.

Or le suivi des contacts reste l’un des piliers de la lutte contre Ebola. Repérer les personnes exposées permet de détecter rapidement les premiers symptômes et d’intervenir avant la formation de nouvelles chaînes de transmission.

L’extension vers le Bas-Uele ajoute une autre source d’inquiétude. La province se trouve dans une zone de forte mobilité transfrontalière, ce qui complique le travail de surveillance. L’ONG Mercy Corps a d’ailleurs signalé des cas le long d’un axe routier situé à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Soudan du Sud.

Une riposte entravée, un risque régional qui grandit

Sur le terrain, la riposte se heurte aussi à plusieurs obstacles. La méfiance d’une partie des communautés, les tensions au sein du personnel de santé et le manque de moyens freinent les actions de prévention et de prise en charge.

La situation est également marquée par la souche du virus en circulation. Elle oblige les autorités à adapter les outils de prévention et de traitement actuellement disponibles.

Avec l’entrée du Bas-Uele, six provinces congolaises sont maintenant concernées. Cette nouvelle extension montre que l’enjeu dépasse la simple maîtrise des foyers existants : il faut désormais empêcher l’émergence de nouvelles chaînes de transmission, parfois loin des principaux centres de riposte.

Pour la RDC et ses voisins, notamment la Centrafrique et le Soudan du Sud, la priorité devient claire : renforcer la surveillance des déplacements et assurer une coordination sanitaire aux frontières pour limiter le risque de propagation régionale.