Selon le Conseil urbain de la jeunesse de Karisimbi, les interpellations ont eu lieu sur les avenues Salongo 3 et Katoyi 1, dans les quartiers de Mabanga-Nord et Kasika. L'organisation dénonce des arrestations arbitraires et appelle les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à intervenir afin d'établir le sort des personnes interpellées.

D'après plusieurs témoignages recueillis auprès des familles, les jeunes arrêtés auraient été rassemblés au stade du camp militaire de Katindo avant d'être embarqués dans des camions en direction d'une destination inconnue. Depuis cette opération, aucune communication officielle n'aurait été faite sur leur lieu de détention, leur situation juridique ou les raisons de leur arrestation.

Ce silence alimente l'angoisse des proches, qui disent être sans nouvelles de leurs enfants depuis plusieurs jours. Dans un contexte marqué par l'activisme des groupes armés dans l'est de la RDC, certains redoutent un enrôlement forcé. Les familles réclament des explications et demandent que les droits des personnes arrêtées soient pleinement respectés.

Dans un communiqué publié ce mercredi 8 juillet, le Conseil urbain de la jeunesse de Karisimbi rappelle que toute privation de liberté doit être conforme au droit international humanitaire et aux conventions internationales protégeant les civils, en particulier les enfants. La structure exige que les familles soient informées sans délai du sort réservé à leurs proches et appelle à des démarches urgentes pour obtenir leur localisation. Jusqu'à présent, l'AFC/M23 n'a pas réagi à ces accusations.

Cette nouvelle vague d'interpellations intervient quelques jours après une autre série d'arrestations survenue le 1er juillet. Selon plusieurs organisations locales, des dizaines de personnes avaient alors été arrêtées alors qu'elles célébraient le premier but des Léopards face à l'Angleterre lors de la Coupe du monde 2026. Si trente-et-une personnes avaient été remises en liberté le 3 juillet, le sort de plusieurs autres reste, selon ces organisations, toujours inconnu.

Face à la répétition de ces incidents, les acteurs de la société civile réclament une enquête indépendante et transparente. Ils demandent que toute personne détenue bénéficie des garanties prévues par le droit congolais et les instruments internationaux, et que les opérations de sécurité soient conduites dans le strict respect des droits fondamentaux.

Parallèlement, l'administration installée à Goma par l'AFC/M23 a décrété l'interdiction de tous les rassemblements et manifestations publiques dans la ville. La mesure, prise deux jours après les célébrations populaires ayant suivi la qualification des Léopards pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, est officiellement justifiée par la nécessité de prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola. Elle vise notamment les rassemblements liés aux événements sportifs.

Alors que les discussions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali se poursuivent pour tenter de stabiliser l'est de la RDC, les familles des jeunes disparus et les organisations de défense des droits humains multiplient les appels en faveur de leur localisation et de leur libération. Elles estiment que toute clarification sur leur sort constitue une urgence humanitaire et un préalable indispensable au rétablissement de la confiance des populations.