Médecin interniste aux Cliniques universitaires de Kisangani, le Dr Kingombe faisait partie des soignants en première ligne. Son décès a été annoncé par le Syndicat national des médecins (SYNAMED). Conformément au protocole sanitaire en vigueur pour les décès liés à Ebola, la mise en bière s'est déroulée à l'intérieur du CTE, sous le regard de ses proches et collègues restés à l'extérieur du centre.

L'émotion était palpable sur place. « Notre médecin interniste est parti », a lancé en larmes la Dre Agnès Kalokola, collègue du défunt.

Ce décès porte à douze le nombre de professionnels de santé contaminés dans la Tshopo, selon le bilan provincial arrêté au 22 septembre. À cette date, la province comptait 42 cas confirmés, dont 17 décès et 13 guérisons.

Kisangani s'impose aujourd'hui comme l'un des principaux foyers de la riposte dans l'Est du pays. Un centre de traitement de 22 lits y a récemment été mis en service pour assurer la prise en charge des cas confirmés et la surveillance des cas suspects.

Mais la flambée ne se limite pas à la Tshopo. Au 7 septembre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) faisait état de six provinces touchées : l'Ituri, le Nord-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et le Sud-Kivu. L'Ituri concentrait alors la majorité des cas recensés depuis le début de cette vague. L'épidémie actuelle est causée par le virus Ebola de type Bundibugyo, une souche distincte de la souche Zaïre, responsable de la plupart des précédentes flambées enregistrées en RDC.

À Kisangani, les autorités sanitaires ont intensifié la surveillance épidémiologique et la recherche des contacts autour des cas confirmés. La vaccination des personnels à risque a également été engagée. Le vaccin utilisé, Ervebo, initialement développé contre la souche Zaïre, voit son niveau de protection contre la souche Bundibugyo encore à l'étude. La riposte s'articule autour de la sensibilisation communautaire, du dépistage précoce, de l'isolement et de la prise en charge rapide des cas suspects, afin de briser les chaînes de transmission et d'éviter l'émergence de nouveaux foyers.

Alors que les équipes restent mobilisées dans les structures de santé et au sein des communautés, la mort du Dr Victor Kingombe rappelle le risque extrême auquel demeurent exposés les soignants engagés contre l'épidémie à Kisangani.