Dans une déclaration rendue publique lundi, la C64 explique que cette décision vise à préserver les chances d’un règlement politique de la crise actuelle. Les signataires, parmi lesquels Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo, Delly Sesanga et Troine Katibi, affirment vouloir privilégier la voie des discussions, tout en maintenant leurs revendications fondamentales.

La coalition réitère notamment son opposition à toute révision de la Constitution susceptible, selon elle, de remettre en cause le principe de limitation des mandats présidentiels. Elle rappelle que les articles 70 et 220 de la Loi fondamentale doivent rester des garanties de l’alternance démocratique et de la stabilité institutionnelle.

Pour la C64, le dialogue attendu doit permettre d’aborder les grandes préoccupations nationales, notamment la situation sécuritaire dans l’est du pays, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales, ainsi que les réformes nécessaires au renforcement de l’État de droit.

La plateforme met toutefois en garde contre toute tentative d’utiliser ce cadre de concertation pour modifier les principes essentiels de la Constitution. Elle estime que le dialogue doit plutôt favoriser la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions, renforcer la cohésion nationale et ouvrir la voie à une réconciliation durable.

La C64 annonce également maintenir sa mobilisation politique et place désormais la balle dans le camp du pouvoir. Elle exige la convocation officielle d’un dialogue national inclusif dans un délai rapproché et fixe au 15 août 2026 une échéance au-delà de laquelle elle menace de reprendre ses actions citoyennes pacifiques.

Cette décision intervient après plusieurs jours de préparation autour de la marche du 22 juillet. Les organisateurs avaient prévu un rassemblement devant le Palais de la nation pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une menace sur l’ordre constitutionnel et réclamer des garanties sur le respect des limites des mandats présidentiels.

La médiation menée par la CENCO et l’ECC semble avoir contribué à infléchir la position de l’opposition. Après leurs échanges avec les différents acteurs politiques, les responsables religieux ont appelé à une suspension des initiatives susceptibles d’accentuer les tensions, afin de créer un climat favorable aux négociations.

En choisissant de reporter sa marche, la C64 évite une confrontation directe dans les rues de Kinshasa et mise désormais sur l’issue du processus de dialogue. Les prochains jours permettront de mesurer si cette ouverture constitue le début d’une véritable décrispation politique ou une simple pause dans le bras de fer entre l’opposition et le pouvoir.