À la place, Kinshasa propose la tenue des “États généraux de la refondation de l’État pour le salut de la patrie”, un vaste forum qui réunirait près de 500 participants issus de différentes composantes du pays. Cette initiative se distinguerait toutefois par l’exclusion de certains acteurs clés, notamment l’ancien président Joseph Kabila ainsi que les groupes armés actifs, dont l’AFC/M23.

Le projet congolais prévoit un processus placé sous l’autorité directe du président de la République. Félix Tshisekedi convoquerait lui-même les assises et recevrait les conclusions formulées par les participants. Les discussions devraient porter sur des réformes institutionnelles de grande ampleur, avec la possibilité d’une révision constitutionnelle et la perspective d’une “quatrième République”.

Le document évoque également le maintien du chef de l’État en fonction jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle, une option qui ne ferait pas l’unanimité auprès des partenaires régionaux impliqués dans les efforts de médiation.


-Des réserves du côté de Luanda-

Selon la même source, l’Angola verrait d’un œil critique un processus excluant à la fois Joseph Kabila et l’AFC/M23. Luanda exprimerait également des inquiétudes quant à l’opportunité d’engager des réformes constitutionnelles dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions.

Ces divergences apparaissent alors que les consultations diplomatiques se poursuivent entre Kinshasa et Luanda. Début janvier, Félix Tshisekedi et João Lourenço avaient tenu plusieurs rencontres consacrées à la recherche d’une solution à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Plus récemment, le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete António, s’est rendu à Kinshasa porteur d’un message du président angolais.

Parallèlement, le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble porté par la CENCO et l’ECC continue de bénéficier du soutien de nombreux acteurs politiques et sociaux. Ceux-ci plaident pour une mise en cohérence des initiatives de paix menées dans les cadres de Nairobi, Luanda, Doha et Washington.

Pour l’opposition et plusieurs organisations de la société civile, seule une démarche inclusive associant les forces politiques, les représentants de la société civile et les différentes parties concernées permettrait de construire un consensus national durable en faveur de la paix et de la stabilité du pays.