Présidé par le chef de l’État sud-africain, Cyril Ramaphosa, le sommet réunit les dirigeants des pays membres autour des principaux enjeux de l’intégration régionale. À l’agenda figurent notamment l’industrialisation, les infrastructures, l’agriculture, les minerais critiques ainsi que les questions de paix et de sécurité.

Pour la RDC, toutefois, l’urgence reste la situation dans ses provinces orientales, où la poursuite des violences continue d’alimenter les déplacements de populations et la crise humanitaire.

Une délégation congolaise renforcée

Kinshasa a dépêché une importante délégation à Durban. Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, engagé dans les travaux préparatoires, a été rejoint par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita.

Présent à Durban depuis samedi 15 août, Guy Kabombo représente le président Félix Tshisekedi, commandant suprême des FARDC.

Avant le début du sommet, le responsable de la Défense a exposé les préoccupations de Kinshasa devant le Comité ministériel de la Troïka de l’organe de la SADC. Il a notamment insisté sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et sur la nécessité d’une réponse régionale plus ferme.

Selon le ministère de la Défense, il a dénoncé l’agression attribuée au Rwanda ainsi que les activités de l’AFC/M23. Il a également évoqué les attaques des ADF/MTM-ISCAP contre les civils en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Quatre priorités sur la table

Le plaidoyer congolais repose sur quatre dossiers majeurs à savoir l’activisme de l’AFC/M23 et le rôle attribué au Rwanda, les violences des ADF/MTM-ISCAP, le processus de désarmement des FDLR et le renforcement de l’engagement de la SADC dans la résolution de la crise.

Le dossier des FDLR occupe une place particulière dans cette démarche. Lors du Conseil des ministres de la SADC, le 12 août, Floribert Anzuluni avait présenté l’état d’avancement du processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des combattants, préalable à leur éventuel rapatriement au Rwanda ou à leur transfert vers un pays tiers.

Kinshasa souhaite que l’organisation régionale soit régulièrement associée au suivi de cette procédure. Le protocole relatif au désarmement des FDLR avait déjà été présenté à Cyril Ramaphosa, dans le souci de l’inscrire dans le cadre plus large des initiatives régionales de paix.

La SADC réaffirme son soutien à une solution politique

De son côté, la SADC maintient son engagement en faveur de la paix et de la stabilité régionales. À l’issue de la réunion de la Troïka, l’organisation a réaffirmé l’importance du dialogue, de la solidarité entre États membres et de l’action collective face aux défis sécuritaires et politiques.

Son secrétaire exécutif, Elias M. Magosi, a souligné la stabilité générale de l’Afrique australe tout en reconnaissant la persistance de difficultés sécuritaires dans certaines zones. Il a notamment salué les efforts de diplomatie préventive, de médiation et de dialogue engagés dans la région.

La SADC a également réitéré son soutien à la recherche d’une solution politique durable au conflit et sa solidarité envers la RDC face aux conséquences humanitaires et sanitaires de la crise.

Kinshasa veut des engagements concrets

La RDC considère que les conséquences du conflit dans l’est dépassent largement ses frontières. Les mouvements de populations, les échanges transfrontaliers, les risques sanitaires et l’instabilité régionale font de cette crise un enjeu collectif pour les États membres de la SADC.

Le règlement des arriérés de la RDC envers l’organisation, qui lui permet désormais de participer pleinement à ses activités, offre à Kinshasa une marge diplomatique supplémentaire.

À Durban, l’objectif congolais est donc de maintenir la question sécuritaire à l’agenda régional et pousser la SADC à aller au-delà des déclarations de principe. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer la solidarité affichée par l’organisation en mesures concrètes susceptibles de contribuer au retour de la paix dans l’est du pays.