Face à cette situation, la FAO veut changer d'échelle. L'organisation propose la mise en place d'un accélérateur de soutien aux forêts des zones arides, destiné à faciliter l'accès aux financements, renforcer les capacités des pays et déployer des solutions déjà éprouvées sur le terrain.

L'objectif est aussi de mieux intégrer ces forêts dans les politiques nationales liées au climat, à l'environnement et à l'agriculture. Car restaurer un paysage dégradé ne se limite pas à planter des arbres. Il faut également préserver les sols, sécuriser l'accès aux ressources et permettre aux populations qui vivent de ces territoires d'en tirer durablement leurs revenus.

Le rapport _La Situation des forêts du monde 2026_, présenté lors de cette semaine, insiste lui aussi sur le lien entre restauration des paysages et sécurité alimentaire. Pour la FAO, des écosystèmes forestiers mieux gérés peuvent renforcer la résilience des systèmes agricoles et des communautés face aux chocs climatiques.

L'enjeu est particulièrement important pour l'Afrique, où plusieurs régions font face à la désertification, à la dégradation des terres et à la multiplication des épisodes de sécheresse. Les initiatives de restauration menées dans le Sahel montrent qu'une autre gestion des paysages est possible, mais leur passage à l'échelle reste conditionné par les financements et la capacité des États à inscrire ces efforts dans la durée.

La FAO appelle ainsi les gouvernements et les bailleurs à considérer les forêts des zones arides comme un investissement à la fois environnemental, agricole et social.

Car derrière les arbres qui disparaissent, ce sont aussi des terres qui s'appauvrissent, des récoltes plus incertaines et des communautés dont les moyens de subsistance se fragilisent. Pour ces territoires, restaurer la forêt, c'est aussi protéger ce qui permet encore d'y vivre.