Lorsque Félix Tshisekedi prend le pouvoir en 2019, ces groupes sont déjà solidement implantés. Ils disposent d'une notoriété établie, d'infrastructures lourdes et d'une large audience. Sept ans après l'alternance, ils continuent de dominer le paysage médiatique et de capter l'essentiel du marché de la communication institutionnelle.

Cette hégémonie interroge. Des entrepreneurs ayant lancé de nouveaux médias depuis 2019 déplorent une forme de favoritisme. Ils pointent la préférence systématique accordée par certains chargés de communication aux structures historiques, au détriment de médias émergents pourtant en mesure de fournir des prestations de qualité.

L'argument de la notoriété est régulièrement avancé pour justifier ces choix. Un argument à double tranchant : les grands médias d'aujourd'hui ont eux-mêmes bâti leur réputation au fil du temps, grâce aux investissements, aux opportunités commerciales et, parfois, à des relations privilégiées avec les décideurs.

Il ne s'agit pas d'exclure les médias historiques des marchés institutionnels, mais de garantir une concurrence loyale et d'offrir aux nouvelles entreprises les moyens de se développer.

Car si la notoriété reste une condition préalable pour accéder aux marchés, comment les nouveaux médias pourront-ils un jour acquérir celle qu'on exige d'eux ?

Au-delà des clivages politiques, c'est l'avenir et le renouvellement de toute l'industrie médiatique congolaise qui est en jeu.