Au Palais de la Nation, face aux membres du Conseil stratégique de l'Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC), le Président a fixé le cap : la puissance ne peut se construire au détriment de l'humain. Le développement de Grand Inga ne saurait se résumer à des mégawatts. Il doit intégrer, dès sa conception, les intérêts des communautés locales.

Autour de la table, la présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et du Président de l'Assemblée nationale Aimé Boji Sangara a souligné le caractère hautement stratégique du dossier pour l'ensemble des institutions.

Avec une capacité projetée de 40 000 mégawatts, Grand Inga porte une ambition historique pour la RDC et pour l'Afrique. Sa concrétisation promet de combler le déficit énergétique, de booster l'industrialisation, d'accélérer la transformation locale des ressources minières et de créer des milliers d'emplois, bien au-delà des frontières congolaises.

Mais ces promesses restent conditionnées. Structuration financière, modèle de réalisation, garanties environnementales et sociales : le projet n'entrera dans sa phase active qu'à ce prix.

C'est sur ce point précis que le Chef de l'État a insisté. Les populations riveraines doivent être au centre de la planification, à travers des mesures concrètes de préservation, de relocalisation digne et de compensation équitable. L'ambition énergétique nationale ne doit pas occulter son coût humain.

Désormais, la balle est dans le camp de l'ADPI-RDC. L'Agence devra traduire les orientations présidentielles en engagements opérationnels, tout en accélérant la structuration du projet et en créant les conditions pour attirer les investisseurs.

Entre impératif de financement, exigence sociale et vision continentale, Grand Inga demeure un chantier d'État. Sa réussite se jugera autant à sa faisabilité technique qu'aux bénéfices réels qu'il apportera aux Congolais.