Jugée aux côtés de militaires poursuivis pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires, l’artiste est accusée d’avoir incité des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaire.

À l’ouverture des débats, le tribunal a rappelé à la prévenue les charges retenues contre elle ainsi que les sanctions prévues par les textes en vigueur. Selon la juridiction, Rebo Tchulo risque jusqu’à vingt ans de servitude pénale si sa responsabilité est établie à l’issue de la procédure judiciaire.

L’audience a notamment été marquée par la déposition de Platini Sadisa, présenté comme victime et partie civile. Devant les juges, celui-ci a affirmé avoir été interpellé puis soumis à des actes de violence dans le but de lui arracher des aveux concernant un vol qu’il conteste avoir commis.

Le plaignant a également rapporté avoir entendu une conversation téléphonique entre l’un des officiers impliqués et la chanteuse alors qu’il était en détention. Selon son témoignage, l’officier aurait informé l’artiste que les sévices infligés n’avaient pas permis d’obtenir des aveux. Rebo Tchulo lui aurait alors répondu : “Ça, vraiment, ce n’est pas mon problème. Qu’il vous paie vos amendes”.

Après l’audition de plusieurs prévenus, le tribunal a décidé de suspendre les débats. La juridiction a évoqué des contraintes logistiques, notamment l’absence d’éclairage suffisant sur le lieu de comparution et les impératifs liés au transfèrement des détenus vers la prison centrale de Makala.