Depuis l'automne 2022, les installations électriques et les réseaux de chauffage ukrainiens subissent des attaques répétées. Selon la Commission, leur fréquence et leur intensité ont augmenté au fil des années, aggravant les dégâts sur un secteur essentiel à la vie quotidienne. Durant l'hiver 2025-2026, des millions de personnes ont connu des coupures prolongées d'électricité, de chauffage, d'eau et de gaz.

Un hiver sous -20 °C sans chauffage

Les conséquences ont été particulièrement difficiles dans les régions où les températures sont descendues sous les -20 °C. Des personnes âgées ou à mobilité réduite se sont retrouvées privées de chauffage et parfois incapables de rejoindre les abris lors des alertes aériennes. Des professionnels de santé ont également signalé des cas d'hypothermie et de gelures nécessitant une hospitalisation.

Pour établir ses conclusions, la Commission s'est notamment appuyée sur les témoignages de 255 personnes ayant vécu ces conditions dans plusieurs régions ukrainiennes, ainsi que sur des informations fournies par les autorités, des médecins et des organisations non gouvernementales. Selon ses investigations, les commandants qui ordonnaient les frappes savaient que les installations visées étaient indispensables à la population, notamment pendant les mois les plus froids.

La Commission estime ainsi que les attaques ont été menées intentionnellement, dans le cadre d'une politique visant à priver les civils d'électricité et d'autres services essentiels. Elle met en cause plusieurs hauts responsables russes, dont Vladimir Poutine, l'ancien ministre de la Défense Sergueï Choïgou, son successeur Andreï Belooussov et le chef d'état-major Valéri Guérassimov, concernant la planification et la conduite de ces opérations.

Le rapport examine également des attaques menées par les forces ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques en Russie et dans les territoires ukrainiens occupés par Moscou. Toutefois, la Commission indique ne pas avoir pu en approfondir les conséquences, faute d'accès aux zones concernées et de réponses des autorités russes à ses demandes d'informations.

À l'approche d'un nouvel hiver, ces conclusions ravivent les préoccupations sur la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. Au-delà des responsabilités établies par les enquêtes, la remise en état des réseaux énergétiques demeure un enjeu majeur pour des populations toujours exposées au froid, aux coupures et à l'incertitude.