Son discours arrive au moment où la diplomatie devient l’outil central pour sortir de la crise à l’Est. Réunis au Palais du peuple, les hauts responsables civils et militaires l’ont entendu poser clairement les bornes de cette démarche.

« Nous voulons la paix, mais pas une paix faite de résignation face à la force, pas une paix qui efface les victimes, et pas une paix qui légalise le fait accompli », a affirmé le chef de l’État.

En d’autres termes, Kinshasa refuse qu’un accord vienne valider les conquêtes militaires. Pour le président, la souveraineté et l’intégrité du territoire sont des points non négociables.

« La souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la République démocratique du Congo ne sont pas négociables », a-t-il répété.

Cette fermeté s’explique par une situation sécuritaire qui reste tendue dans l’Est. Félix Tshisekedi a rappelé le prix payé par les populations civiles, entre attaques armées et déplacements massifs. Il a aussi pointé du doigt les ingérences étrangères et une économie de prédation nourrie, selon lui, par l’exploitation et le trafic illégal des ressources naturelles.

Le président réitère toutefois sa préférence pour le dialogue et la diplomatie. Mais à condition, dit-il, que cela aboutisse à une paix « juste, vérifiable et durable ».

Intervenant devant les cadres du CHESD, il replace ainsi le débat au cœur des initiatives en cours. Pour Kinshasa, un règlement crédible doit aller de pair avec l’arrêt des violences, la protection des civils et le retour de l’autorité de l’État. Ces trois éléments ne peuvent pas être séparés d’un compromis.

Au-delà du cadre académique du CHESD, le message s’adresse directement aux médiateurs et partenaires impliqués dans les processus de paix. La RDC, souligne FélixTshisekedi, est ouverte à la négociation, mais elle n’abandonnera pas ses intérêts fondamentaux.